RETRAITE DES PIX MILDE. - UV. IV.
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dela paix. Les Macrons donnerent auxGrecs une de leurs lances, et les Grecs,aux Macrons, une de leurs piques.Telle etait chez eux, dirent ces peuples,la forme des engagemens. Les deux ar-mees appelerent ensuite les dieux ä te~moin de leurs sermens. j
44. Des que cette alliance fut conclue,les Macrons couperent, avec les Grecs,le taillis, ouvrirent une route pour lesfaire passer, se melerent dans leursrangs, leur fournirent tous les vivres' qu’ils purent, en les leur faisant payer,et leur servirent deguides pendant troisjours, jusqu’h ce qu’ils les eussent con-duits aux montagnes de la Colchide.La etait un mont eleve, mais acces-sible, sur la cröte duquel les Colquesparaissaient en bataille. Les Grecs seformerent d’abord en ligne pleine,comme pour attaquer dans cet ordre lesBarbares et monter ainsi jusqu’ä eux.Les generaux s’assemblerent ensuite etraisonnerent sur les d.ispositions qu’ilconvenait de faire pour charger avecplus de succes. Xdnophon dit qu’iletait d’avis de rompre la ligne pour for-mer tous les lochos en colonnes quimarcheraient ä la meme hauteur: « carune ligne pleine se rompra bientötd’elle-meme. Ici la montagne sera pra-ticable, lä eile ne le sera pas : le soldatqui aura du combattre en ligne pleinesedecouragera des qu’il y verra duvide.D’ailleurs si nous marclions sur un or-dre profond , la ligne des ennemis nousdebordera, et ilsferont marcher, commeils voudront, contre nous, ce qui nousdepassera de leurs ailes ; si nous nousmettons au conlraire sur peu d’hommesde hauteur, je ne serais pas etonne quela ligne füt enfoncee quelque part, vula muliiiude de Barbares et de traitst|ui tomberont sur nous. Que l’ennemiFfceen un point, toute l’armee grecque®Mbaiiue, Je suis dope d’avis de mar-
cher surbeaucoup de colonnes de front,qui seront d’un lochos chacune, et deJaisserentre eiles assez d’intervalle pourque nos derniers lochos depassent lesailes de l’armee barbare. Ainsi les ex-tremites de notre front deborderont ce-lui de l’ennemi, et, dans l’ordre queje propose, les cliefs et les meilleurssoldats se trouveront ä la töte des co-lonnes. Chaque lochos marchera paroü le chemin sera praticable. II ne serapas facile ä l’ennemi de penetrer dansles intervalles; il se trouverait entredeux rangs de nos piques. II ne lui serapas facile non plus de tailler en piecesun lochos qui marchera en colonne. Sil’un d’eux resislait avec peine, le plusvoisin lui porterait du secours; et desqu’un seul aura pu gagner le haut dela montagne, l’ennemi ne tiendraplus.»Cet avis fut adopte: on forma en co-lonnes les lochos. Xenophon se portade la droite ä la gauche de l’armee, eten passant, il parla ainsi aux soldats :« Grecs, l’ennemi que vous voyez est leseul obstacle qui nous empeche d’ötredejä au but desiredepuis si long-lemps.II faut devorer, si nous le pouvons, ceshommes tout en vie. »
* 45. Lorsque chacun fut ä son posteet qu’on eut forme les colonnes, oncompta ä peu pres quatre-vingts lochos,d’environ Cent hommes pesamment ar-mes. On partagea en trois les armes äla legere et les archers. On en fit mar-cher une divisionau-deläde l’aile gau-che, une autre au-delä de l’aile droite;la derniere se tint au centre. Chacunede cesdivisions etait d’environ six centshommes. Les generaux ordonnerentqu’on invoquät les dieux. Le soldatleur adressa des va ux, chanta le peanet se mit en marche. Chirisophe et Xe-nophon, l’un et l’autre ä la tele d’unedes divisions d’artnes ä la legere qu’on^vait envoyees aux ailes, se portaienl