534 XENOPHON.
nu-delä du front de Fennemi. Les Bar-bares les voyant, marcherent pour s’yopposer; mais en voulant etendre leurligne par la droite et par la gauche,eile s’ouvrit, et il se fit un grand videau cenlre. La division des Grecs armesä la legere, commandee par Eschined'Acarnanie, qui marchait au centreen avant de Finfanterie arcauienne,crut, en voyant Fennemi se separer,qu’il prenait la fuile; ils coururcnt surlui tanl qu’ils purent, et ce fut le pre-mier corps qui gagna la crete de lamontagne.L’infanteriearcadienne, auxordres de Cleanor d’Orchomene, täcliade les suivre et de les soutenir. Les Bar-bares, des qu’ils virent les Grecs couriräeux, ne tinrent plus, mais prirentlafuile, Fun d’un cöte, l’autre de Fautre.LesGrecs etantmontes, trouverent beau-coup de villages abondamment remplisde vivres, et y cantonnerent; ils n’yrencontrerent rien qui les etonnät, si cen’est qu’il y avait beaucoup de ruches,et que tous les soldals qui inan gereutdes gäteaux de miel , eurent le trans-port au cerveau, vomirent, furent pur-ges, et qu’aucun d’eux ne pouvait selenir sur sesjambes. Ceux qui n’enavaient que goüte, avaient Fair de gensplongös dans l’ivresse; ceux qui enavaient pris davantage ressemblaient,les uns ä des furieux, les autres ä desmourans. On voyait plus de soldatsötendus sur la terre, que si Farmec eütperdu une bataille, et la möme conster-nation y regnail. Le lendemain per-sonne ne mourut, le transport cessaitä peu pres ä la mäme heure oü il avaitpris la veille. Le troisieme et le qua-trieme jour, les cmpoisonnes se leve-rent, las et fatigues, comme on Festapres l’eflet d’un remöde violent.
46.On fit ensuite sept paransanges endeux marches, et Fon arriva sur le bordde la rner ä Trebizonde, \ille grecque
fort peuplee. Elle est situee sur le Pont-Euxin, dans le pays des Colques,etc’est une colonie des Sinopeens. LesGrecs y demeurörent environ un moissur le territoire de la Colchide, oü ilss’ecartaient pour piller. Les liabilans deTrebizonde etablirent un marche dansle camp des Grecs, les recairent, et leuroffrirent les presens de l’hospitalite, desboeufs, de la farine d’orge et du vin;ils oblinrent möme de l’armöe qu’ellemenageät les Colques qui etaient lesplus voisins, et habitaient la plaine.Ceux-ci firent aussi des presens auxGrecs, et leur donnerent surtout desbötesäcornes. L’armee se preparaalors
faire aux dieux les sacrifices qu'onleur avait voues; car il elait venu assezde boeufs pour les immoler ä Jupitersauveur et ä Ilercule, et pour leur ren-dre gräces d’avoir conduit les Grecs enpays ami. On ne manquait pas non plusde victimes pouraccomplir les promessesfaites aux autres dieux. Oncelebradesjeux et des combats gymniques surlamontagne oü Fon campait, et Fon choi-sit Dracontius de Sparte pour faire pre-parer la lice et pour presider aux jeux.Ce Grec avait ete banni de sa patriedes Fentance , parce qu’il avait frappeavec un sabre court, ä la lacederao-nienne, et tue sans le vouloir un enfantde son äge.
47. Les sacrifices etant finis, on donnaä Dracontius les peaux des victimes, eton lui dit de conduire les Grecs au lieuprepare pour la course. Il designa laplace memeoü on se Irouvait. « Cellecolline, dit—il, est excellcnte, ct l’onpeul y courir dans tous lessens quonvoudra. — Mais, lui objecta-t-on, com-ment pourront lütter les atbletessurunsol pierreux cl dans un terrain planted’arbres ? — Tant pis pour ceux quitomberont, repondit Dracontius, ibs’en feront plus de mal. » Des cnfans»