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Tome premier.
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RETRA1TE DES D1X MILLE.

LTV. V.

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ter: on en tira Ja cargaison qu’on mitsous bonne garde pour que rien ne seperdit, et les bälimens servilem auIransport des troupes. Pendant que cecise passait, les Grecs allaient piller lepays ennemi : les uns etaient heureux,les autres ne trouvaient rien. Cleeneteayant mene son lochos et celui d’unautre chef attaquer un posle de difficileacces, y fut tue, et beaucoup de Grecsperirent avec lui.

5. Quand les vivres manquerent auxenvirons du camp, en sorte que le Sol-dat ne pouvait en aller prendre et reve-nir le meine jour, Xenophon se munitde guides ä Trebizonde, conduit laraoitie de l’armee contre les Driliens,et laisse l’autre moitie pour garder lecamp; car les Colques qu’on avait chas-ses de leurs maisons s’etaient rassem-bles en grand nombre et occupaient leshauteurs. Les habitans de Trebizondene menaient jamais l’armee grecqueoü il lui eüt ete le plus facile de s’ap-provisionner, parce que c’eüt ete chezdes peuples de leurs amis; mais ils laconduisirent de grand coeur contre lesDriliens dont ils avaient ä se plaindre.Des nations riveraines du Pont-Euxin,celle-ci est la plus belliqueuse ; eilehabite un pays monlueux et dont leschemins sont presque impraticables.

6. Lorsque les Grecs y furent entres,les Driliens en se retirant brülerenltous les lieux dont ils jugeaient quel’ennemi pouvait s’emparer : il ne restarien ä prendre que quelques porcs,bceufs et autres besliaux echappes auxflammes. II y avait un lieu qu’on nom-mail leur melropole ; ils s’y etaienttous rassembles. A l’entour regnait unravin tres-profond , et les abords de laplace etaient difficiles. Les armes ä lalagere coururenl sept ou huit stades enavant de l’infanterie, passerent le ra-T1 n, et voyant des besliaux et beaucoup

d’autres pillages ä faire, altaquerent laplace. Un grand nombre de Grecs armesde piques, qui etaient sortis du camppour aller prendre des vivres, les avaientsuivis, en sorte qu’il y avait plus dedeux mille hommes au-delä du ravin.Apres avoir combattu et avoir ete re-pousses (car la ville etait encore entou-ree d’un large fosse, dont le revers etaitpalissade et flanque d’un grand nombrede lours de bois), apres ces vains efforts,dis-je, les Grecs lächerent de se retirer;mais des qu’ils y songeaient, les Dar-bares fondaient sur eux. Il etait doncimpossible de revenir sur ses pas, d’au-tant que du lieu oü l’on etait on nepouvait descendre qu’un ä un dans leravin. Les Grecs en font inslruire Xeno-phon , qui marchait a la löte des ho-plites; leur depute annonce ä ce generalqu’il y a un grand butin a faire dansla place et qu’elle regorge de richesses.

« Nous ne saurions l’emporter de viveforce, car eile est fortifiee; il n’est pasaise non plus de nous retirer en bonordre : l’ennemi fait sur nous des sor-ties vigoureuses, et le terrain ajouteaux difficultes de notre retraile. »

7. Xenophon ayant entendu ce rap-port, mena l’infanlerie jusqu’au bord duravin, et y fit poser en ordre les armesä terre. Lui seul avec les chefs de lo-chos le traversa et examina s’il valaitmieux faire retirer les Grecs qui avaientpasse le ravin , ou faire avancer aussiau-delä toute l’infanterie pour tenter deprendre la place d’emblee. 11 paraissaitimpossible de faire une retraite qui necoütät beaucoup d’hommes, et les chefsde lochos pensaient qu’on pouvait serendre maitre de la ville. Xenophon serendit ä leur avis et se confia aux in-dices donnes par les dieux; car les de-vins avaient declare qu’on combatlrait,mais que la fin de l’entreprise seraitheureuse. Le general renvoie les chefs