Band 
Tome premier.
Seite
539
JPEG-Download
 

RETRAITE DES DIX MILLE.

UV. V.

539

des lances, des greviöres et des cas-ques semblables a ceux des Paphlago-niens. Il y eut d’autres ennemis quimonterent sur les maisons des deuxcötesde la rue, en sorte qu’il n’y avaitpas de sürete a les poursuivre jusqu’auxportes de la citadelle; car ils lan^aientde grosses büches du haut des maisons.On ne pouvait ni resler dans la place,*ni s’en retirer; la nuit allait surveniret ajoutait ä la terreur des Grecs. Tan-dis qu’ils combaltent et ne savent com-ment se tirer d’affaire, uu dieu sansdoute leur presente le moyen dö sesauvev. Tout-ä-coup une des maisonsde la droite s’enflamma sans qu’on sütqui y avait mis le feu; aussitöt qu’elles’ecroula, tous les Barbares quitlerentce rang de maisons et prirent la fuite.Xenophon profiia de la legon que lehasard lui donnail., et fit mettre lefeuä celles qui etaient sur la gaucbe; eilesdtaient conslruites de bois et s’enflam-mörent bien vite. Les Barbares qui lesoccupaient prirent la fuite ä leur tour;les Grecs n’etaient plus inquietes quepar ceux qui barraient cn face d’euxla largeur de la rue. II elait evidentqu’on en serait attaqueä lasorlie de laville et ä la descente du fosse. Xeno-phon ordonna alors ä tous les soldatsqui se trouvaient hors de la portee dutvait d’amasser du bois et de le jeterentre le front de l’armee et celui del’ennemi. Quand il y en eut assez d’en-tasse, on l’alluma; on mit aussi le feuaux maisons situees prcs du fosse pourdonner de l’occupalion ä l’ennemiC’est ainsi que les Grecs se retirerentä grand’peine de la place, ayant mis lefeu pour barriere entre eux et les Bar-bares. Ville, maisons, tours, palissa-des, tout fut brfile , excepte la cita-delle.

10. Le lendemain,les Grecs continue-rent leur retraile avec les vivres qu’ils

avaienl pris. Comme ils craignaient ledefde elroit et escarpe par oü l’on des-cendait de la place vers Trebizonde,ils feignirent de tendre une embuscade.Un Mysien, qui portait pour nom deguerre celui de sa patrie, prit avec luiquatre ou cinq Crelois, resta dans unlieu fourre et fit semblant de vouloirs y cacber. Les boucliers de ces armesä la ldgere etaient garnis d’airain , eton les apercevait reluire en differensendroits. Les Barbares en furent frap-pes et craignirent de lomber dans uneembuscade; l’armde descendait cepen-dant. Quand le Mysien la crut assezeloignee, il fit signe ä sa petite troupede prendre la fuite ä touies jambes;lui-meme s’enfuit avec eux. Les Cre-tois, qui craignaient d’elre joinls ä lacourse, quitlerent le chemin et se sau-verent en se precipitant ä travers lebois. Le Mysien suivil la route et criaiten fuyant qu’on vint lesecourir. II ac-courut ä son secours des Grecs qui lerecurent blesse par l’ennemi; puis ilsse retirerent par le pas en arriere pourse garantir des trails que langaient lesBarbares. Quelques Cretois tirerentaussi des fleches ä l’cnnemi, et le toutrejoignit l’armee au camp sans avoirperdu un seid homme.

11. Chirisophe n’arrivait point; onn’avait pas rassembie assez de bätimenspour transporter toute l’armöe, et eilene trouvait plus de vivres ä enlever.On jugea qu’il fallait quitter le pays;on embarqua les malades, les soldatsäg6s de plus de quarante ans, les en-fans, les femmes, et tous les equipa-ges dont on pouvait se passer, avecBhilesius et Sophenete, les plus ägesdes generaux, aux soins desquels oncommit ce qui montail sur les vais-seaux. Le resle de l’armee se mit enroute. Les marches etaient ouvertes etles chemins repares; eile arriva ainsi