RETHA1TK DES «IX
n’a point marche au secours de ce rnu-narque, quuiqu’eile en eüt re(;u l’ordre.Celui qui la commande en est fier et nese piquc pas d’une obeissance si exacte.Supposons que vous vous soyez glissesä travers les montagnes, ou que prevc-nant les ennemis vous vous en soyezempares avant eux, que vous ayez defaiten balaille rangee dans la plaine leurcavalerie, et leur infanterie qui monleä plus de cent vingt mille hommes,vous arriverez ä des lleuves. Le premierest le Tliermodon, large de trois ple-thres: je presume cjue vous aurez pe.ineä le passer, ayant en tele des ennemisnombreux et suivis par d’autves quimenaceront volre arriere-garde. Voustrouverez cnsuite l’Iris, dont la largeurest la meine. Le troisieme est 1’Halys :celui-la n’a pas moins de deux stades delargeur; vous ne pourrez le traversersans bateaux, et qui vous en fournira?Apres l’Halys, si vous le passez, vousarriverez aux bords du Parthenius, quiest aussi peu gueable. Je regarde tloncque continuer volre route par terre estun parli, je ne dis pas difliciie, maisabsolument impossible dans l’execu-tion. Si vous vous cmbarquez, vouslongerez la cöte d’ici ä Sinope, et de Si-nope ä Heraelee. D’IIeraelee vous ne se-rez plus embarrasses ni pour aller parterre, ui puur continuer volre naviga-tion, si vous l’airnez mieux, car voustrouverez dans cette ville beaueoup debätimens.»
27. Lorsquellecatonyme eut parle encestermes, les uns soup(;onnerent queosdiseours lui avaitete inspire par sesbaisons avec Corylas, car il elait l’hötede ce Barbare; d’aulres jugerent quelespoir d’une recompcnse l’avait en-gageä douner ce conseil; d’aulres eulinpresunaerent qu’il n’avait ainsi parleque pour delouruer l’armee de traver-se| t le tervitoire des Sinopeens qui au>
MILLE. — LIV. V. 547
rait pu soufTrirdece passage. LesGrecsarrelerent cependanl tju’on irait pariner. Xdnophou dit cnsuite : « Sino-peens, nos soldats choisissent la routeque vous leur conseillez. Voici ä quoiils se sont determines. S’il doit se trou-ver assez de bätimens pour transporlerjusqu’au dernier liomrae, nous nousembarquerons tous; mais aueun soldatne montera ä bord s’il faut laisser äterre une parlie de l’armee, tandis quele roste mettrait ä la voile, car noussenlons que partout oü nous serons enforce, nous pourrons et sau vor nosjours et nous faire Iburnir des vivres;mais que, si l’ennemi nous trouve uneseule fois pdus faibles que lui, noussubirons le sort des esclaves. » Heca-tonyme et ses compagnons, ayant en-tendu cette reponse, prierenl l’armeed’envoyer des deputes ä' Sinope; eiley deputa Callimaque Arcadien, Aris-lon d’Atbenes, et Samolas Aclieen, quiparlirenl aussitöt.
28. Pendant leur absence, Xenophonvoyant cette multilude d’boplites , depeltasles, d’archers, de frondeurs etde cavaliers, tous exerces long-tempsau melier des armes, et devenus d’ex-cellentes troupes, les voyant, dis-je,i sur les bords du Pont-Euxin, oü l’onj ne ponrrait qu’avec des frais enormes1 rassembler detelfesfovccs, songea qu’ilserait gloricux d’y fonder une ville etd’y augmenter et la puissance et les pos-sessions des Grecs. Le nombre des trou-pes et celui des pcuples qui babitent lej long des ri vages de cette mer lui faisaientconjecturerqucceltecoiooie deviendraitI considerable. Avant des’en ouvrir ä quique ce lut de l’armee, Xenophon 11t ap-j peler Silanus d’Ainbracie, qui avail etei deviu de Cyrus, et sacrifia j>our con-, stiller les dieux sur ce projet. Silanusj en redoutant le succfs , et craignanti qu’on n’arretäi dans ce pays t’armee, y
35 .