RETRA1TE DES DTX MIELE. - LIV. V.
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drais-jc, ou pour vous faire violence ,cm pour vous induirc en erreur, si vousue vouliez pas faire la meme navigalionque moi? Je suppose meme qu’abuseset ensorceles, pour ainsi dire, par mesartifices, vous arrivez avec moi dans lePhase; uous descendons enfm a lerre;vous reconnailrez au moi ns alors quevous n’etes pas en Grece, et le pcrlidequi vous aura trompcs so trouvera aumilieude pres de dix mille Grecs Cou-verts de leurs armes. Un liomme pour-rail-il mieux s’assurer un ehätimenisevere qu’en formant de tels complotscontre vous et contre lui-meme? Vousajoutez foi ä de vains propos (enus pardesgensinsenses,jalouxdevotreg6neraletdeshonneurs que vous lui rendez. Jen’ai pas merite cependant d’etrc en butteauxenvieux.Quieinpechai-jed’exposer,s’il le peut, un avis utile a l’armec, decombattre pour votre salut et pour lesien, de veiller ä la sürete commune etd’en prenclre un soin parlicuiier ? Ehquoi! si vous voulez elire d’autres ge-neraux, quelqu’un croit-il que je l’ex-clurai de ce grade? Je me retire. Qu’unautrevouscoinmande! sculement qu’ilfasse le bien de l’armee! Mais ce que j’aidit ä ce sujet me suftit. S’il est un Grecquicroie encoreavoirete trompe ouquipresume qu’on puisse en tromper d’au-tres, qu’il prenne la parole, qu’il vousinslruise de l’objet de ses craintes.Quand vous aurez assez discute cettemutiere, ne vous separez pas que je nevous aie parle de ce que je remarqueJans l’armee : ce sont les germes d’unmal plus reel. S’il doit s’elendre et de-venir aussi violent qu’on a droi t de le con-jecturer, il est bien temps certainementdedeliberer sur nos affaires : täebonsde ne pas passer pour les plus sceleralsdesmortels, de ne nous pas eouvrir debontedevant les dieux, devanl les hoin-mes amis et ennemis, et de ne nous pas
faire universellement mepriser. » Lessoldats ne comprirent point ee que si-gnifiaient cesmots; ilsen parurenleton-nesetdireut ä Xenopbondes’expliquer.Il recommen<;a a parier en ces lermes:
« Vous savcz bien qu’il y avaitdansles montagnes des Barbares des bour-gades alliees de Cerasunle, d’oü quel-ques babitans descendaient et venaienlvous vendre du betail, et les autresdenrees qu’ils avaienl; il me semblememe que plusieurs de vous onl eie dansla plus voisine de ces bourgades et sontrevenus au camp, apres avoir achcte cedont ils avaient besoin. Clearate, cliefde lochos, ayant ete informe qu’elleetait petile et se garrlait mal , parcequ’elle se reposait sur la foi des tiailes,y marcha de nuit saus en pievenir au-cun des generaux, avec intention de lapiller; il avait dessein, s’il s’en rendaitmaitre, de ne plus revenir ä l’armee,mais de monier ä bord d’un bälimentsur lequel ses camarades de cbambreelongeaienl la cöte, d’y eharger son bu-tin, de mettre a la voile et desortir del’Euxin. Ses camarades dont je vousparle, qui elaient sur le navire, savaientle projet du clief, et en elaient compli-ces : je viens d'en etre informe. Clearates’associa tous les Grecs qu’il put enga-ger ä le suivre, et les mena droit ä laplace; mais ie jour ayant paru avantqu’on lut arrive aux portes, les Bar-bares se rassemblent, oceupent des lieuxfortifies par la nature, d’oü frappant lesGrecs et leur lanyant des traits, ils tuentClearate et beaucoup des siens. Quel-ques-uns fuient et armem ä Cerasunle.Gela sepassail le jour meme que nousnous mimes en marche pour venir ici.Plusieurs des Grecs qui nous devaientsuivre par meretaient encore dans Ge-rasunte, et leurs navires n’avaient pointleve l’ancre. II y arriva ensuite, a ce quedisent les babitans de Cerasunle, trois