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Tome premier.
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XfcNOPHON.

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vieillards deputes de la bourgade qu’onavait voulu insulter. Ils nous cher-chaient; ne nous ayant plus trouves,ils temoignerent aux Cerasuntiens qu’ilselaienl etonnes et qu’ils ne concevaientpas quel motif nous avait fait marchercontre eux. Les Cerasuntiens disent leuravoir repondu que I’attaque ne s’etailpoint faite d’apres une resolution pu-blique, mais que des parliculiers s’e-taient portes ä cetattentat. Ils assurentque les Barbares en temoignerent unevive joie , qu’ils allaient s’embarqiterpour venir ici nous raconter ce qui s’e-tait passe, et qu’ils invitörent ceux desGrecs qui le souhaiteraient ä aller en-sevelir les morts. Quelques-uns desfuyards se trouvaient encore ä Cera-sunte; ils surent le projet des Barbares;ils oserent leur jeter des pierres etexhorter d’autres Grecs ä les imiter. Lestrois malheu reux deputes sonl resles surla place et ont eie lapides. Apres cetassassinat, quelques Cerasuntiens vin-renl nous trouver et nous firent un recitexact de l’evenement: leur rapport m’af-fligea ainsi que les aulres generaux.Nous deliberions avec ces etrangers surles moyens de donner la sepulture auxcadavres de nos compalriotes, et nousetions ensemble assis ä la töte du camp,en avant des armes, quand tout-ä-coupnousentendons degrands cris : Fragte,frappe, jette, jette. Nous voyons bientötbeaucoup de Grecs accourir; les uns te-naient des pierres dans leurs mains ,d’autres en ramassaient par terrc. LesCerasuntiens, temoins de ce quiselailpasse dans leur ville, s’efiraient et seretirent vers les vaisseaux. Que dis-je!par Jupiter! quelques-uns de nous-tnö-mes n’ötaient pas saus crainte. Je m’a-van^ai vers les sedilieux et leur de-mandai de quoi il s’agissait; il y eilavait beaucoup qui l’ignoraient et quicppendant tenaient des pierres. Je m’a-

dressai enfm ä un soldat qui elait aufait; il me repondit que les commis-saires de vivres vexaient horriblementl’armee. Pendant que cet homme meparle, un aulre aper$oif le commissaireZelarque qui se retirait vers le rivage, etil jette un grand cri. Des que la multi-tude l’a entendu , eile court sur Zelar-que cornme sur un sanglier ou sur uncerf qui paraitrail tout-ä-coup dans laplaine. Les Cerasuntiens, voyant nossoldats se precipiter de leur cöte, croientqu’on leur en veut, fuient tant qu’ilsont de forces, et se jettent dans la mer:quelques - uns des nötres y tombcntaussi, et tous ceux qui ne savaienl pasnager se sont noyes. Que croyez-vousque pensassent alors les Cerasuntiens?Us n’avaient aucun torl ä se reprocher,mais ils craignaient qu’une rage subiten’eüt pris ä nolre armee comme eileprend ä des chiens, et considerez oüvousen serez reduits si une teile indis-cipline subsiste ä l’avenir. Vous aurezbeau vous assembler, vous n’aurezl’au-torite ni de declarer la guerre ä qui vousvoudrez, ni de la finir quand il vousconviendra; un particulier entraineral’armee aux enlreprises qu’il aura seidadoptees. Si quelques depules viennentdesormais vous demander la paix ouvous faire d’autres propositions, quivoudra les assassinera, et vouslaisseiaignorer ä jamais les motifs qui lesame-naient vers vous. Les generaux que vousvous ötes donnes vous-memes n’aurontplus d’aulorite. Quiconque s’elira lui-meme chef de seditieux et criera tue,tue, s’il trouve des compagnons qui luipretent la main, comme il vient d’ar-river, aura le pouvoir de faire perir,sans forme de justice, tout general oulout particulier qu’il aura proscrit. Con-siderez un peu les obligafions que vousavez ä ces chefs qui n’onl d’autre au-torite que cell« qu’ila se sott! arfogee.