Band 
Tome premier.
Seite
553
JPEG-Download
 

RETRAITE DES DIX MILLE. - LIV. V.

OOO

ZeIarque,commissairedesvivres,s’ilestcoupable envers nous, a mis ä la voileet a disparu sans recevoir la peine dueä son crime; s’il est innocenl, il fuitloin de l’armee, craignant d’etre mis ämortinjustement et de n’ötre point en-tendu. Gräces ä ceux qui onl lapide lesdeputes, vous etes les seuls des Grecsqui ne puissiez entrer avec securite dansles murs de Cerasunte si vous n’y ar-rivezen force. Les Barbares, qui avaienttue des nölres, vous invitaient ä venirlibrement lcur donner la sepulture ; ilrcsulte de ces altenlats que vous nepouvez plus y aller, meine precedesd’un heraut. Et qui de vous, ayantdonne l’exemple d’assassiner les he-rauls, oserait s’avancer avec un cadu-cee? Nous y avons supplee; nous avonsprie les habitans de Cerasunte d’inliu-mer ces infortunes. Si les faits que jeviens de raconter sont louables, ap-prouvez-les par un decret public : cha-cun, s’altendant ä les voir renouveler,se tiendra sur ses gardes et sc baraqueradans un lieu forlifie. Jugez-vous aucontraire que ce ne sont pas des traitsd’hommes sociables, mais de betes fe-roces; cherchez les inoyens d’arretercette licence. Aulrement, par Jupiter,comment les dieux agreeront-ils nossacrificcs quand ils verront nos actionsinipies? Comment combattrons-nousnos ennemis si nous nous egorgeons lesunslesautres?Quelle ville nous ouvrirases portes et voudra etre notre alliee,sachant qu’une teile indiscipline regneparmi nous? Qui osera venir vendre desvivresä notre camp lorsqu’il sera publicque les plus grands crimes n’ont rienqui nous arrete? Si nous croyons avoirraerite quelque gloire, quelle boucheosera prononcer les louanges de scele-ratstels que nous? carje sais que nousdonnerions nous-memes ce nom ä quiaurait commis de semblables forfails, »

35. Aussilöt tous les Grecs se leverentet dirent qu’il fallait sevir contre les au-teurs d’une teile indiscipline, defendrequ’elle recommencat, et punir desor-mais de mort le premier qui contrevien-drait ä cette loi. On chargea les gene-raux de livrer lescoupables ä la justice.On arrela qu’on rechercherait toulesles faules commises depuis la mort deCyrus, et l’oncn etabiil juges les chefsde lochos; puis Xenophon ful d’avis,et tous les devins conseillerent, qu’onpurifiät l’armee. On l’ordonna, et cetteceremonie fut celebree.

36. Il futdecideaussi que lesgenerauxseraient recherches sur leur conduiteprecedente.Le compte rendu, Philesiuset Xanticles furent condamnes ä resli-tuer vingt mines qui manquaient ä lasomme qui leur avait ete confiee, etqui etait destinee au frei des bätimensde transport; Sophenete le fut ä uneamende de dix mines, pour avoir exercenegligemment les fonctions de generaldepuis qu’on lui avait confere ce rang.Quelques soldats accuserent ensuite Xe-nophon de les avoir frappes, et lui re-procberent de les traiter avec hauteur etpetulance. Xenophon se leva,etsommale premier qui avait porte plainte contrelui de dire d’abord en quelle occasionil l’avaitbattu.«Lorsque nous mourionsde froid, repondit celui-ci, et que nouselions couverls de neige.« Xenophon re-pliqua : « Si c’est par le froid excessifdonl vous nous parlez, pendant la di-sette de vivres, landis qu’il n’y avait pasune goutte de vin ä l’armee, que nouselions accables de fatigues et poursuivispar l’ennemi, si c’est, dis-je, dans detelles circonslances que j’en ai agi avecviolence, je conviens que je suis plusvicieux que les änes mfemes, dont lalassitude, dil-on, n’arröte pas la lubri-cile; maisexposez le motifpour lcquelje vous ai frappe. Vous demandais-je