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Xf.NOPHON.
quelque chose? Est-ce pour punir vo-trerefus quej’ai leve la main sur vous?S’agissail-il d’iine restilution que j’exi-geais? Attribuez-vous ma vivacile ä laJalousie ou a l’ivresse? » Le soldai con-vini que Xenophon n’avaii ete animepar aucun deces molifs. Ce general de-manda au Grec s’il elait alors dans lesrangs des hopliles. « Non, rcprit-il.—Faisiez-vous voire Service parmi les ar-mes ä la legere? —Non, reparlii l’ac-cusaleur; quoique liomme libre, jeconduisais un niulct; mes camaradesde chambree m’en avaiem coufie lesoin. » Xenophon reconnul alors sonhomme. « N’etes-vous pas, lui dcman-da-l-il, celui qui iransporiiez un ma-lade? — Oui, par Jupiier, repliqua leGrec; mais vous m’y aviez force, elaviez jete par tcrre le bagage de mescompagnons. — Voici comment je l’aijete par lerre, reprit Xenophon : j’en aiCharge d’autres soldals; je leur ai or-donne de me remetlre ce depöt, et jevous ai lout rendu, saus qu’il y eüt rieud’ögare, lorsque vousm’avez representel’homme que je vousavais conlie. Ecou-tez lous comment celte affaire s’est pas-see; ceci vaut bien la peine d’etre en-tendu :
37. « On laissait en andere un denoscompatriotes, parce qu’il ne pouvaitplus marcher; je ne le connaissais pointparticulierement : lout ce que j’en sa-vais, c’est qu’il elait de notre artnee.Je vous ai contraint de le porter de peurqu’il ne perit; car les ennemis nouspoursuivaient, autanlque je puis m’enSouvenir. » L’accusaleur convint decesfails. « Je vous avais dit de gagner lesdevans, poursuivil Xenophon; je mar-chais moi-meme ä l’arriüre-garde. Jevous retrouve creusant une fosse pourenterrer l’homme donl je vous avaisCharge; je m’arrelai et vous louai de luirendre les derniers devoirs; mais en
presence de nous , le pretendu mortploya la jambe : tout ce qu’il y avaitde lemoins cria qu’il elait encore envie. Eh bien, repondites-vous, qu’il vivetant qu’il voudra; pour moi jene l’em-porterai point d’ici : ce fut alors queje vous frappai. Le fait esl vrai; car i[me parut que vous aviez trüs-bieu suqu’il respirait encore lorsque vous aviezprepare sa sepulture. — Eh quoi! repritl’accusaleur, en est-il moins mort de-puis ce momenl oü je vous le repre-sentai? — Nul de nous, repliqua Xe-nophon , n’est iinmortel : faut-il pourcela nous enterrer tout vivans? » Alorsil n’y eut qu’une voix dans l’assemblee:on secria que l’homme qui se plaignaitn’avait pas ete assez chütie. Xenophoninvila aussi ses autres accusaieurs äexposer pourquoi il avait porte la mainsur chacun d’eux. Aucun ne se levant,et tous restant muets, il parla lui-memeen ces termes :
38. « SoldatSj je conviens que j’aifrappe beaucoup de Grecs, parce qu’ilssortaienl de leur rang; ils n’ont du leursalut qu’ä ceux d’entre vous ijui res-laienl ä leur poste et combatlaienl l’en-nemi lorsqu’ilse presentait, landis quecelte foule de pillards quiltait le grosde l’armee, courait en avant au bulin,et cherchait ä s’enrichir plus que lesbraves. Si nous les avions lous imites,nous aurions lous peri. J’aurai frappeencore, el force de marcher un soldatqui se laissait aller, ne voulait point selever, et se livrait, pour ainsi diie, lui-m6meä l’ennemi; car il m’estarriveamoi-meme, dans la rigueur du froid,ayant altendu que des Grecs eussentCharge leurs equipages, et etant restelong-temps assis, de m’apereevoir quej’avais peine ä me relever et ä etendremes jambes. D’apres celte experiencepersonnel le, des que je voyais quelqu uns’asseoir et faire le paresseux, je le fai-