retraite res rix MJMJE. — LIV. V.
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sais marcher devant moi; car le mou-vement et l’aclion fournissent une Sortede chalcur et de souplesse aux mem-bres. Je remarquais, au contraire, quelereposei l’altilude oü 1’ou resie, quandon se tient assis, conlribuaient a glaeerle sang et ä faire geler les doigts despieds, accident que vous savez ötre ar-rive ä plusicurs d’enlre vous. Peut-etretrouvant un homme qui reslait eu ar-riercpar nonchalance, qui se faisait at-tendre par vous qui marchiez ä la lötede la colonne, et qui bouchait le pas-sage ä notre arriere-garde, je lui auraidonnedes coups avec la main, pour luiepargner ceux qu’il aurait rei;us de lalance des Barbares. Ceux que j’ai ainsisauves peuvent maintenant me deman-der compte d’un chäliment inique queje leur aurai billige; rnais s’ils ctaientlombesau pouvoir de reunemi, quelsmaux auraienl-ils soufferts! quelle jus-lice s’en seraienl-ils fait rendre! Monraisonnement, poursuivil-il, est simple:si j’ai puni un Grec, pour son bien,j’avoue que j’ai merite la möme peinequ’un pere qui chätie ses enfans; qu’unmaitre qui corrige ses ecoliers. Les clii-rurgiens coupent un membre et appli-quent le feu pour le salut du malade.Si vous croyez que je me sois conduitainsi par vivacite, songez que, gräcesaux dieux, je vis maintenant dans unesecurite bien plus grande qu’alors; jeme sens plus d’audace; je bois plus devia, et je ne frappe cependant aucunSoldat; car je vois qu’un calme heureuxa succede pour vous aux orages; rnaislorsqu’une tempete agile la mer et sou-leve des montagnes de flots, ne voyez-vous pas que, pour un signe de löte,• e pdote se met en colere conlre les ma-telots de la proue, et que le timonierexerce un pouvoir non rnoins despoti-que contre ceux de la poupe? C’estquen cel instant critique la faule la
plus legere peut faire engloutir toul l’e-quipage. Mais n’avez-vous pas prononcealors vous-memes que c’elait avec justiceque je frappais les soldats en faute?Vous n’aviez point, comme rnainte-nant, de peliles pierres en main pouraller au scrutin; vous teniez vos armes;vous nous entouriez et pouviez secou-rir ceux que je corrigeai; rnais, parJupiter! vous ne preniez pas leur parli,et vous ne m’aidiez pas non plus ä clni-tier celui qui quittait son rang. Par cetleconnivence, vous avez enhardi contremoi les plus mauvais soldats, et avezautorisö les airs de fierte qu’ils se don-nent; car si vous vouliez le remarquer,vous trouveriez, j’en suis persuade, queceux qui ont temoigne le plus de lä-chele alors monlrent aujourd’hui le plusd’insolence. Boiscus, cel athlete thes-salien, pretendait alors, comme ma-lade, devoir ötre dispense de porter sonbouclier; c’est lui, ä ce que j’enlendsdire, qui vient de piller beaucoup d’ba-bitans de Colyore. Si vous prenez unparti sense sur cet allentat, vous enuserez avec ce voleur tout autrementqu’on en use avec les chiens : on metä l’atlache pendant le jourceux qui sontmechans, et on ne les lache que la nuit.Pour lui, la prudence exige que, la nuit,vous le teniez dans les fers, et le lais-siez jouir, pendant le jour seulement,de sa liberte. Mais, poursuivil Xeno-pbon, j’ai droit de m etonner de ce quevous ne vous rappelez et ne citez de moique ce qui a pu me rendre odieux äquelques-uns d’enlre vous. S’il en est,au contraire, ä qui j’aie porte des se-cours contre la rigueur du froid , quej’aie defendus contre l’ennemi, ä qutj’ai eie utile dans leurs detresses et dansleurs maladies, personne n’en rappellela memoire. Si j’ai loue ceux qui fai-saient une belle aclion, et honore, au-tant qu’il ctait en moi, les braves, on