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Tome premier.
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556
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XltNOPHON.

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ne s’en souvient pas da van läge. II eslbrau cependant, il esl juste, que dis-je!c’est un devoir sacre et agreable de con-server Ie souvenir des bienfaits plutötque celui des injures.»

39. Tous les Grecs se leverent ä cesmots. 11s se rappelerent les uns aux au-tres ce qu’ils devaienl ä Xenophon, etla recherehe qu’on avait faite de sa con-duile finil ainsi par tourner ä sa gloire.

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LIVRE SIXIEME.

Pendant le sejour que l’armee fitdans le camp sous Cotyore, les soldats ,vecurent, les uns, de ce qu’on leur ven-1dait au marche, les autres, de la ma- jraude qu’ils faisaient en Papldagonie. !Les Paphlagoniens, reciproquemenl, 1saisissaient l’occasion d’enlever tout ce [qui s’ecartait du camp; ils tächaienl!aussi de faire quelque mal, la nuit, auxGrecs quis’etaient baraquesun peu loindes autres. Ces hostilites augmenterentl’animosile muluelle de ce peuple et dessoldats. Corylas, qui se trouvait alorscommander en Paphlagonie, envoieaux Grecs des depules, montes sur debeaux chevaux et velus d’habits ma- |gnifiques; ilsannoncent que Corylas esl 1disposeäne plus inquieter l’armee, si ,eile respecte elle-meme le pays. Les ge- jneraux repondirent qu’ils en delibere-raient avec eile, et donnerent l’hospi-talite aux depules. 11s appelerent aussiceux qu’il parutle plusconvenabled’in-\iter, puis ayant immole aux dieux desboeufs et d’autres besliaux qu’on avaitpris, on servit un assez beau repas; onsoupa, couche sur l’herbe, et l’on but'dans des coupes de corne, qu’on trou-vait dans le pays.

2. Quand on eut fait des libations etchantele pean, des Thracesse leverentd’abord et danserent loul armesau son

de la flute; ils sautaient lege re ment etselevaient fort haut; ils tenaient enmain leurs sabres nus, paraissaient s’enservir et combaltre. Enfin un des dan-seurs frappa l’aulre, et tout le mondecrut qu’il l’avait tue; mais c’etail un ar-tffice innocent. Les Paphlagoniens jete-rent un grand cri. Le vainqueur de-pouilla son adversaire des armes qu’ilportait, et sortit en cliantant Silalces.IVaulres Thraces emporlerent le vaincucomme mort; il n’avait cependant pasregu le moindre mal. Ensuite les Enianset les Magnesiens se leverent et com-mencerent, revetus de leurs armes,une pantomime qu’on appelle la dansedes semeurs. En voici la description :un des acteurs met ses armes ä terre äcöte de lui, seme ensuite un champ etconduit une charrue, se retournantsouvent, comme un homme qui a peur;un voleur s’avance vers lui; l’autre,des qu’il l’aper^oit, saute sur ses ar-mes , court au voleur, et se bat contrelui pour defendre ses boeufs. Tous lesmouvemens se faisaient en cadence,au son de la flute. Enfin le voleur a ledessus, garrotte le laboureur et em-mene son attelage. D’autres fois le la-boureur etait victorieux; il liait au vo-leur les mains derriere le dos, l’attachaitä cöte de ses boeufs, et le faisait mar-cher ainsi devant lui.

3. Un Mysien en t ra ensu i tesur la scene;il tenait, dans chacune de ses mains, unbouclier leger; quelquefois il s’en ser-vait en dansant, comme s’il eüt eu ä sedefendre contre deux adversaires; quel-quefois, comme s’il n’eüt eu affaire qu’äun seul. Souvent il tournait et faisaitle saut perilleux sans lädier ses bou-cliers: c’etail unspectacle agreable qu’ildonnait; il finit par danser ä la ma-niere des Perses, frappant d’un boucliersur l’autre; il se mettait ä genoux, serelevait, et executail tous ces mouve-