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Tome premier.
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RETRAITE DES RIX MIERE. — RIV. VI.

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mens en mesure et au son de la flute. !Des Mantineens et quelques autres Ar-cadiens se leverent ensuile, et parurent;apres lui sur la scene; ils etaient cou- .vertsdes plus bellesarmesqu’ilsavaienipu trouver; ils s’avancerent encadence, jles flütesjouant une marche guerriere;ils chanterent le pean, puis danserenlcomme dans les ceremonies religieuses.Les Paphlagoniens qui etaient presenss’etonnaient de ce que toutes les dansess’executaient par deshommes armes detoutes pieces. Le Mysien, qui vit leursurprise, ayant engage un des Arca-diens ä permettre qu’on fit parailre unedanseuse qu’il avait pour esclave, l’ha-billa leplus elegamment qu’il put, luimit ä la main un bouclier leger, et la jfit entrer. Elle dansa legerement la pyr- jrhique : on lui donna beaucoup d’ap-!plaudissemens. Les Paphlagoniens de-manderent aux Grecs si leurs femmescombattaient aveceux. On leur repon-dit que c’etaient elles qui avaienl re-pousse le roi du camp lorsqu’il elaitvenu piller les equipages. Telle fut lafin des amusemens decelte nuit.

4. Le lendemain, on admit les deputesä l’assemblee de l’armee; eile fut d’avisdeconvenir avecles Paphlagoniens qu’il jne se commettrait desormais aucunehostilite de pari ni d’autre. Les deputes jrepartirent ensuile. Les Grecs, jugeanl |qu’ils avaient assez de bätimens, s’em- jbarquerent. Le vent elait favorable; ils jlongerent ainsi, pendant un jour et pen-dant une nuit, la cöle de Paphlagoniequ’ils avaient ä ieur gauche, arriverentle lendemain ä Sinope, et mouillerentdans le port de celte ville, qu’on nommeHarmene. La ville de Sinope est bätiedans la Paphlagonie; ses habitans sontune colonie de Milet; ils envoyerentaux Grecs, pour dons de l’hospitalite,liois mille medimnes de farine et qninzcCents cerames de vin. Chirisopbe y ar-

riva avec des galeres. Le Soldat s’atten-dait qu’il apportait d’autres secours,mais il n’en elait rien ; il annonca seu-lemem qu’Anaxibius et les autres Grecschantaient les louanges de l’armee, etque cet amiral lui promeitait une soldedes qu’elle serait sortie del’Euxin.

5. Les soldats resterent cinq jours äHarmene. Comme ils se voyaient moinseloignes de leur patrie, ils concurent,plus que jamais, le desir d’y rentrer,enricliis dequelque butin ; ilsjugerentqu’en donnant un seul chef ä l’armeeil tirerait meilleur parti des iroupes, etde nuit et de jour, que ne le pouvaientfaire plusieurs generaux, entre lesquelsl’autorite etait divisee ; qu’un seulhomme garderait mieux le secret surles projets qui doivent et re Caches, lais-serait moins echapper de momens pre-cieux , lorsqu’il serait necessaire deprevenir l’ennemi; qu’il ne faudraitplus de Conferences continuelles; quele chef seul ferait executer ce qu’il au-rait projete, car auparavant les gene-raux ne faisaient rien que ce qui avaitete decide entre eux ä la pluralite desvoix. En formant ce dessein, l’armeetournait les yeux sur Xenophon. Leschefs de lochos le vinrent trouver, etlui dirent que le voeu de tous les Grecsetait de l’avoir a leur tele; chacun luitemoignait son affeclion et tächait del’engager ä se charger du commande-ment supreme.Xenophon n’en etait paseloigne; il pensait que c’etait un moyend’augmenler sa considöration, et defaire parvenir son nom avec plus degloire dans sa patrie et pres de sesamis;il esperait meme que peut-etre l’armeelui devrait des sueces et quelque nou-velle prosperite.

(J. Ces reflexions lui faisaient desirerde devenir commandant en chef; mais i 1hesitait lorsqu’il songeait que personnene peut lire dans l’avenir, et qu’il cou-