RETRAITE TlES 1>IX MITXE.
MV. VI.
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diens. » On applaudit alors avec gramlbruit au discours d’Agasias.
!)• Xenoplion, s’etant aperen qu’ilfallait insister davanlagc,s’avanga et ditaux Grecs : « Pour vüus meüre parfaite-uient au fait des motifs de mon refus(j’en jurepar tous les dieux et par toutesles deesses), des que j’ai pressenti votredessein, je les ai consultes, par dessacrifices, pour savoir s’il vous seraitavantageux de me eonfier un pouvoirsans partage, et ä moi de l’acceptcr.Ils m’ont declaiü qu’il fallait rn’enabstenir, et me l’ont indique dans lesenlrailles des victimes par des signes sievidens que l’homme qui s’y connaitle moins n’aurait pu s’y meprendre. »Alors on choisit pour commandant enchef Chirisophe. Ce general ainsi eins’approeha de l’assemblee, et parla ences termes : « Sachez , soldats , que sivous vous eliez donne un autre chef,je ne me serais point revolte contrelui; mais vous avez rendu service äXenoplion de ne le point elire; on ladejä calomnie prös d’Anaxibius. C’estDexippe qui lui a nui autant qu’il l’apu , quoique j’aie fait tous mes effortspour fermer la bouclie ä ce traitre. Jesuis persuade, a-t-il dit, que Xenopliona mieux aime avoir pour compagnon ,dans le generalat, Timasion Darda-nien , de la division de Clearque , quemoi qui suis Lacedemonien. » Cltiri-sophe ajouta : « Puisque vous m’avezmis ä votre (etc, je lacherai qu’il enresulte pour vous tont le bien qu’il de-pendra de moi de vous procurer. Pre-parez-vous, cependant, a lever l’ancredemain, si le temps le permet : nousferons voile vers Ileraclee; il faut quetous les bälimens täelient d’y arriver;debarques lä , nous delibererons sur cequ’il y aura a faire. »
10.On mit äla voile lelendemain, parun vent favoiable, et on cötoya la terre
pendam deux jours. Les Grecs decou-vrirent, en passant, le promontoire deJason, oü l’on dit qu’Argo, le plusceiebre des navires, mouilla autrefois.Ilsaper^urent ensuite les embouclmresde differens lleuves : d’abord celle duTbermodon, puis celle de l’Halys, en-fm celle du Parthenius (1). Apres avoirpasse devant cette derniere, on arriva äIleraclee, ville grectiue, eolonie de Me-gäre, siluee dans le pays des Maryan-deniens. La flotte grecque mouilla presde la Chersonese Acherusiade: c’est lä,dit-on, qu’Ilercule descendit aux en-fers pour enchainer Cerbere; et commepreuve de sa descente, on montre en-core un gouffre qui a plus de deuxstades de profondeur. Les habitansd’He-raclee envoyerent aux Grecs les donsde l’hospitalite, trois mille medimnesde farine d’orge, deux mille ceramesde vin, vingt boeufs et Cent moutons.La plaine est traversee par un fleuvenomine le Lycus, large d’environ deuxplethres.
11. Les soldats s’elant assernbles de-libererent s’ils continueraient leur routepar terre ou par mer, jusqu’ä leur sorliedu Pont.Lycon d’Acha'ie se leva et parlaen ces termes : « Soldats, je suis etonne
(1) X^nophon semble joindre au merite d’une^legancc simple celui de l’exaetitude histo-rique. Yoici cepeadant une erreur gdogra-phique ou il est touibe. Le Tbermodon, Tlriset l’Halys se jettent certainement dans lePont-Euxin, entre Trebizonde et Sinope. J’ai con-sultd le livrc xn de Strabon, la descriptiondu tour de l’Euxin, Periplus Ponli-Euxini,qu’on attribue ä Arricn, des cartes moderneset des relations de voyageurs: leur temoignageunanime ne permet pas de douter de ce fait.Commcnt est-il donc possible que les Grecs,dans leur navigation de Sinope ä Ileraclee, pas-sent devant les embouclmres du Tbermodon etde l’Halys? Oil pourrait en dirc autant sur lerivage de Jason, dont plusieurs auteurs anciensont determine la position entre Cotyore et Si-nopc. Peut-etre Xenoplion n’cerivit-il son jour-nal que pendant sa retraite ä Scilunte, et samemoire le trompa-t-elle sur le seul fait qul’on puisse lc spupyoimer d’inexactitude.