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de la negligence de nos generaux quine lächent point de nous procurer dequoi acheler des provisions. Les pre-sens de l’hospitalite, qu’on vient d’en-voyer ä l’armee , suffiront ä peine pourla nourrir trois jours, et je ne vois pasoii nous fournir de vivres pour conti-nuer notre route : je suis donc d’avisde demander ä la ville d’Heraclee unecontribution d’au moins trois millecyzi-cenes. » Un autre opina ä exiger la soldede l’armee pour un mois, ce qui devaitmonier ä dix mille cyzicenes pour lemoins. « Choisissons, dit-il, des depu-tes; envoyons-les sur-le-champ ä Ilera-clee, pendant que nous reslerons assisdans ce lieu , et quand ils nous aurontfait leur rapport, nous aviserons enconsequence ä prendre un parti. » Onproposa delire divers deputes, Chiri-sophe d’abord, comme generalissime.Quelques-uns nommerent aussi Xeno-phon; mais Chirisophe et lui refuserentfermement de se charger de cetle ambas-sade; car ils pensaient, l’un et l’aulre,qu’il fallait ne rien exiger d’une villegrecque et amie, mais se contenter de cequ eile donnait volontairement. Commeon vit le peu de zele qu’ils avaient pourun tel emploi, on envoya Lycon d’A-chaie, Callimaque Parrhasien, et Aga-sias de Stymphale. Arrives ä Heraclee,ils dirent ce qui avait ete arrete ausamp; on pretend que Lycon ajoutamöme des menaces, et fit sentir cequ’on aurait ä craindre si l’on ne don-nait entiere satisfaclion ä l’armee. Lesliabilans repondirent aux deputes qu’ilsdelibereraient sur leur proposilion; ils( firent rentier aussitöt les effets qu’ilsavaient dans les champs. approvision-nerent leur ville, en fermerent les por-tes, et on vit briller des armes sur lesrem parts.
12. Les auteurs de ces troubles accu-serent les generaux d’avoir fait avorter
le projet. Les Arcadiens et les Acheenss’assemblörent separement du reste del’armee; les principaux cbefs de cettefaction etaient Callimaque Parrhasien,et Lycon d’Achaie. Ils disaient qu’iletait honteux qu’un Athenien, qui n’a-vait point amene de troupes ä l’armee,commandät des Lacedemoniens et deshabitans du Peloponnese; ils preten-daient que les travaux etaient leur lot,et que d’autres en recueillaient lesfruits, quoique ce füt ä eux que l’ar-mee düt son salut; que les Arcadiens etles Acheens y avaient presque seuls con-(ribue; que le reste des Grecs n’Gtait rienen comparaison d’eux (et eflectivementces deux nations faisaient plus de lamoitie des troupes); que s’ils agissaientsensement, ils se separevaient des au-tres, se choisiraient eux-meines desgeneraux, feraient rou te ä part, et täche-raient de s’enrichir en faisant quelquebutin. Cet avis fut adople. Tout ce qu’ily avait d’Acheens ou d’Arcadiens dansles divisions de Chirisophe ou de Xeno-phon quitlerent ces deux chefs et sereunirent ä leurs compatriotes; puis ilselurent pour generaux dix d’entre eux,et arreterent que ces nouveaux chefsferaient executer ce qui scrait decide ä lapluralite des voix dans un conseil qu’ilsformeraient. Alors tomba le pouvoirsupreme de Chirisophe , six ou septjours aprcs qu’on le lui eut decerne.
15. Xenophon voulail accompagnerces faclieux, et croyait que le salut del’armee etait attache ä ce que chaque di-vision ne prit pas une route differente;mais Neon lui persuada de marcherseparement d’eux. Ce Grec savait deChirisophe que Clcandre, gouverneurde Byzance, avait dit qu’il se rendrail,avcc ses galeres, au port de Calpe. Neondonna ce conseil ä Xenophon, afi»qu’eux seuls et leurs divisions profuas-sent de cette flotte et s’embarquassont