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Tome premier.
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56$ XENOPHON.

nombre s’augmenlait sans cesse, et ilsinsullaient impunement l’infanterie desGrees; car il n’y avail, du cöte deceux-ci, ni armes ä la legere, ni ar-chers, ni cavalerie. Les Thraces s’a-vanfant, les uns ä la course, les autresau galop de leurs chevaux, lan^aientdes javelols, et se reliraient aisementdes qu’on marcliait ä eux.Ilsfirent celtemanoeuvre de plusieurs cöti's, et, sansavoir un seul blesse, blesserent beau-coup de Grees : ceux-ci furent reduilsä ne pouvoir sortir de leer poste, et lesThraces (inirent par se metlre entre euxet l’endroit oii ils allaient ä l’eau. Danscette delresse, les Grees parlcrcnt decapilulalion ; les Thraces leur accorde-rent toutes les autres conditions, maisne voulurent point dotiner d’ötages,quoique les Grees en exigeassent d’eux.Ce refus arrctait la conelusion du traile.Telle etait la Situation des Areadicns.

17. Cbirisoplie, marehant parterre,le long des bords de la mer, sans ölreinquiele, arrive au port de Calpe. Xeno-phon traversait. rintericur du pays. Sacavalerie, deiachec en avant, rencontredes depules qui allaient rernplir lobjetde leur mission; on les conduit ä cegeneral. I! leur demande s’ils ne sa-venl aucunes nouveiles de queiquenu-tre division de 1’armee. Ils rapportenttont ce qui s’est passe , raconlent queles Grees sont assieges en ce momentm6me sur une colline, et que lous lesThraces entoureni exactement ce poste.On mit alors ces liommes sous bonnegarde, pour servil' de guides en quel-que endroit qu’il lallüt se porter; puisXenophon, ayant pose dix vedetles,convoqua ses soldats, et leur dit :

18. « Soldats, une partie des Arca-diensaperi, et lesaul res sont investis surun tertre qu’ils occupent. Je pense quesi nous laissons perir encore ceux-ci, ilne nrvus roste ä nüus-mftmes aucun es*

poir de salut, vu la mullitude des en»nemis et l’audace qu’ils auront con^ue.Le meilleur parli quo nous ayons äprendre est donc de secourir au plusvite nos compagnons pour joindre nosarmesaux leurs, s’ils respirent encore,et pour ne pas demeurer seuls exposesaux plus grands dangers. Nous allonsmaintenanl avancerjusqu’ä ceque nousjugions qu'il est heure de souper. Nousprendrons alors un camp. Que pendanlnotre marche Timasion se porte enavant avec la cavalerie, et, sans nousperdre de vue, eclaire ce qui se passe,afin qu’il n’y ait rien dont nous nesoyons instruils. » Xenophon envoyaenraeme ternps des liommes agiles tiresdes troupes legeres sur les flanes de sadivision et sur les hauteurs, avec ordrede rinformer de ce qu’ils decouvri-raient, et il leur enjoignil de mettrelefeu ä tout ce qui pouvait etre incendie.« Pour nous, soldats, ajouta-t-il, nousn’avons plus de retraitc ä esperer; He-raclee est trop loin pour y retourner.Chrysopolis se trouve ä une grande dis-tance en avant de nous, et nous som-mespres de l’ennemi. Le lieu lemoinseloigne est le port de Calpe; nous de-vons y supposer maintenantChirisophe,s’il a eu le bonheur d’<5chapper auxThraces ; mais il n’y n ä Calpe memeni des bälimens pour nous embarquer,ni des vivres pour subsister, si nousilevons y sejourner, ne füt-ce que pen-dant un jour. Laisser perir les Arca-diens assieges et, nous joignant auxseules troupes de Chirisophe, courir äde nouveaux dangers, est un parti plusmauvais que de delivrer nos compa-triotes, de rassembler en un meme lieutout ce qui restera de Grees, et depour-voir alors d’un commun accord ä nousliier d’aflaire. 11 faut donc marcher, etdans ie fond de vos ämes vous preparerä Irouver une muri glorieuse ou ä voua