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Tome premier.
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IlETRAITE DES MX

entrailles ayant eie favorables, les Ar-cadiens m6me le suivirent et enlerre-rent la plupart de leurs compatrioteschacun ä la place oü il avait ete tue;car leurs cadavres y etaient restes depuiscinq jours, et il n’elait plus possible deles transporler. Il y eut des morls qu’onapporta de differens chemins pour lesentasser. Ceux-ci re^urent tous les hon-iieurs qu’on put leur rendre dans lescirconslances oü l’on etait. On eleva unvaste cenotaphe et un grand bücher,qu’on cou vrit de couronnes, ä ceux donton netrouva point les corps. Apresavoirrendu ces demiers devoirs ä leurs com-pagnons, les soldals revinrent au campetsecoucherent lorsqu’ilseurent soupe.Leiendemain, ils s’assemblerent tous.Les principaux instigaleurs de cette as-semblee etaient Agasias de Stymphale,chef de lochos; Hieronyme d’Elide, quiavait le meme grade, et les plus äges desAvcadiens. On fit une loi qui defendait,sous peine de mort, ä qui que ce füt deproposer dorenavant que l’armee se se-parat ; on ärrßta aussi que chacun y re-prendrait la place qu’il avait precedem-menl occupee, et que le commandementen serait rendu aux anciens generaux.Chirisophe, l’un d’eux, venait de mou-rir de befiel d’un remede qu’on luiavait adminislre pendant la fievre. Neond’Asinee l’avait remplace.

24. Xenophon se leva ensuite, et parlaences termes : « Soldats, c’est par lenecerlainement, comme vous le pouvezjuger vous-m6mes, qu’il faut conduirel’armee, car nous n’avons point de bäti-mens. 11 est meme necessaire de partirau plus tot, puisque les vivres nousmanquenl. Nous autres generaux, nousallons saerifier; preparez-xous de votrecöte ä combattre plus vigoureusementque jamais, car l’ennemi a repris Cou-rage. » Les generaux firent ensuite leursaciifice; le devin qui y assislait elail

MILLE. — LIV. VI. 565

Arexion, Arcadien; car Silanus, d’Am-bracie, avait affrete un navire a Hera-clee, et s’etait evade de cette ville enfugilif. C’etait pour consulterles dieuxsur le depart de l’armee, qu’on sacri-fiait: on ne trouva point dans les en-trailles des victimes des signes favora-bles; on demeura donc au camp cejour-lä. Il y eut des Grecs qui oserent direque Xenophon, qui voulait fonder uneville dans la presqu’ile de Calpe, avaitgagne le devin, et l’avait engage ä re-pandre le bruit que les dieux s’oppo-säient au depart. Ce general fit publierpar un heraut, que qui voudrait pour-rait assister au sacrifice qu’on ferait lelendemain, et que, s’il se trouvait quel-que devin dans l’armee, il eüt ä s’yrendre pour observer avec lui les en-trailles. Le sacrifice commenga; beau-coup de spectateurs entouraient l’autel;on immola en vain jusqu’ä trois victi-mes; on ne put y trouver des signesheureux qui autorisassent la marche del’armee; les soldats s’en affligerent; carils avaient consomme les vivres qu’ilsavaient apportes, et il n’y avait pointde marche oü ils pussent en acheler.

25. L’armee s’etant assemblee en-suite, Xenophon tint eneore ce dis-cours : « Vousen etes temoins, soldats,les Immortels s’opposent ä notre depart;je vous vois manquer de vivres; il meparait donc necessaire de faire de nou-veaux sacrifiees, pour savoir si nousdevons en aller prendre. » Un Grec s’e-leva alors et dit : « Ce n’est pas sansfondement que les entrailles des vic-times nous empechent de partir. J’aisu, des matelots d’un navire qui abordahier ici par hasard , que Cleandre doitvenir de la ville de Byzance dom il estj gouverneur, et nous amener des galeresi et des bälimens de transport. » Tout le! monde fut alors d’avis d’atlendre cetteI flotte; mais il etait do loulc necessite