BETRAUE DES D1X MILDE. — UV. VI.
imain, des la pointe du jour, les gönö-raux menerent l’armee dans le poslepresque inattaquable de Calpe; le Sol-dat prit ses armes, ses equipages, etsuivit ses chefs. Avant l’heure du diner,le defiie, qui est l’unique entree de celieu, etait relranche par un fosse qu’onavait creusö, et dont on avait palissadele revers; on n’avait laisse pour loutacces que trois porles. 11 arriva alorsd’IIeraclee un bätiment charge de farined’orge, de bestiaux et de vin. Xeno-phon, qui s’elait leve de grand matin ,sacrifia, pour obtenir des dieux la pcr-mission de sortir du camp et de mar-cher ä l’ennemi. Des la premiere vic-time, on trouva des signes favorables;ä la fln du sacrifice, le dcvin Arexion deParrhasie aper^oit un aigle dont le voletait d’un augure heureux . et dit ä £d-nophon de se mettre ä la löte de l’armeeet de la faire marcher. Apres avoir pass6le fosse, on posa les armes ä terre, et onfit publier par un heraut que les soldals,des qu’ils auraient dinö, sortissent ar-mes; mais qu’ils laissassent derriere leretranchement les esclaves et tout cequi ne portait point d’armes.Tout sorlitdonc, excepte Neon, ä qui Ton confia lagät;de du camp, comme poste hono-rable; mais les chefs de lochos et lessoldats le quittaient; ils eussent rougide ne point sitivre l’armee qui marchaitau combat. Neon ne laissa donc auxequipages que les soldats äges de plusde quarante-cinq ans; ceux-lä seuls ydemeurerent, le reste marcha. Avantd’avoir fait quinze stades, on trouva desmorts; et ayant couverl les premierscadavres qu’on aper^ut d’une aile de laligne, on enterra tout ce qui se trouvaderriere. Apres avoir enseveli ceux-lä,on marcha en avant; puis orl röpeta lamöme manoeuvre; des que la ligne avaitdepasse d’autres morts qui n’etaient pasinhumds, on leur donnait la sepulture ,
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et on cnseveiit ainsi tous eeux qu’onfit couvrir successivement par l’armee.Lorsqu’on fnt arrive au ehemin qui ve~nait des villages, on y trouva beaucoupde cadavres pres l’un de l’autre; on lestransporta tous dans la möme place, eton les y couvril de terre.
50.11 etait plus de midi quand l’armees’avanea au-delä des villages; les soldatsprenaient les vivres qu’ils apercevaientderriere l’etendue de la ligne. Tout-ä-coup on decouvre l’ennemi, qui avaitmonte le revers de quelques collines enface des Grecs. 11 etait sur une li«ne
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plcine et avait beaucoup de cavalerieet d’infantcrie; car Spithridate et Rha-line etaient arrives avec un delachementj considerable que leur.avail donne Phar-! nabaze. Des que ces troupes eurentapergti l’armee, elles s’arreterentä peupres ä quinze stades d’elle. Arexion,devin des Grecs, sacrifia sur-le-champ,et les entraiües de la premiere victimepromirent le plus heureux succes. Xe-nophon dit ensuite aux aulres generaux:« Je suisd’avis, mes eompagnons, dej former des lochos en corps de reservej derriere la ligne, afin que, s’il est quel-, que endroit oü il soit besoin de sccöurs,
| ils y courent, et que l’ennemi en de-I sordre trouve des troupes fraiches et: formees. » Tous les generaux furent dela möme opinion que lui.« Menez donc,
I leur dit-il, l’armee droit ä l’ennemi,
| afin qu’apres l’avoir aper?u et avoir ete1 vus de lui, nous n’ayons pas l’air de; faire halte Je vous joindrai des que1 j’aurai forme ces corps subsidiaires eti que je les aurai places derriere la ligne,
| comme vous l’avez arrete. »
| 31. Les generaux conduisirent ensuite
l’armee 5u petit pas; Xenophon ayant; pris les trois derniers rangs, qui etaientde deux cenls hommes chacun, formal’un d’eux en un corps, et l’envoya versl’aile droite, pour la suivre ä la distance