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Tome premier.
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RETRAITE DES »IX MIEDE. —> MV, VI.

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qui avait jele des pierres, et celtii quiavait arrachea Dexippe le soldat arrete.Agasias, qu’il designait par ces paroles,etnit de lout lemps ami de Xenophon,ct c’etait par cette raison-lä meme queDexippe l’avait accuse. Les generauxcrurent que, dans l’embarras oü Ton seirouvait, il fallait convoquer l’armee.II y en avait parmi euxqui s’inquietaientpeu dela colere de Cleandre; mais Xe-nophon regardait l’affaire comme se-rieuse; il se leva et parla en cestermes :

38. «Soldals,jen’estimepasqu’ilsoitpeu important pour nous que Cleandrenous abandonne dans les disposilionsqu’il annonce. Nous voici dejä presdesvilles gvecques, et les Lacedemonienssont ä la tete de toute la Grece; un seidhommc de leur nalion a assez de creditdans ces villes pour faire adopter cequ’il propose. Si donc Cleandre nousferme d’abord les portes de Bvzance,puis defend aux autres gouyerneurs denous recevoir dans leurs places, nousaccusant d’etre sans loi et de desobeiraux Lacedemoniens, le bruit en viendraä la fm aux oreilies d’Anaxibius quicommande les forces navales de cette na-tion. II nous deviendra egalemen! dif-licile et de sejourner ici, et de nouscmbarquer pour en sortir; car les La-cedemoniens ont maintenant l’empirede la terre et de la mer. II ne faut pas,par attachement pour un ou deux Grecsd’entre nous, exclure tous les autres derevoir leur patrie; il vaut mieux obeirä lout ce que peuvent prescrire les La-cedemoniens, d’autant que les villes oünous avons pris naissance leur sont sou-mises. On m’a rapporte que Dexippe di-sait sans cesse ä Cleandre qu’Agasiasn’aurait jamais fait une teile action s’iln’en eüt pas regu l’ordre de moi. Jevais donc vous decharger de l’accusationqu’on vous intente, vous tous, et Aga-

sias lui-m&me, pourvu qu’il dise quej’ai ete la cause du moindre de ces eve-neinens.Oui, si, par mon exemple, j’aiexcite un seul Grec ä jeter des pierres,ou a commettre quelque autre violence,je me condamne moi-meme; j’ai me-rite une peine capitale, et je cours mepresenter pour la subir. J’ajoute quequiconque sera accuse par Agasias doitse remettre de meme entre les mainset au jugement de Cleandre; c’est. lemoyen de vous laver tous des tortsqu’on vous impule. Certes, il serait fä-cheux que, dans les circonstances oünous nous trouvons , croyant obteniren Grece quelques honneurs et y re-cueillir des louanges, nous n’y fussionspas meine iraites comme le resle de noscompatriotes, et que Ton nous exclütde toules les villes grecques. »

39. Agasias sc leva ensuite et dit :« Grecs, j’en jure par tous les Immortels!je n’ai recu ui de Xenophon , ni d’aucunde vous, le conseil d’enlever l’bommearrete; mais j’ai trouve cruel de me voirarracher un brave soldat par Dexippe,que vous savez qui vous a tous trahis;je l’ai tire deses mains, j’en conviens.Ne me livrez pas ä Cleandre, j’irai moi-meme, comme le propose Xenophon,me remettre en son pouvoir, pour qu’ilme juge, et qu’il ordonne ensuite demoi ce qu’il lui plaira. Que cet evene-ment ne soit pas la cause d’uneguerreentre vous et les Lacedemoniens; maisque chacun de mes camarades ait la li-berle de se retirer oü il lui eonviendra,sans craindre d’ctre inquiete. Elisez desdepules, envoyez-les avec moi ä Clean-dre, ils diront et feront pour moi ce queje pourrais omettre. » L’armee permitä Agasias de designei lui-meme ceuxpar qui il prefererait d’etre accompa-gne : il cboisit les generaux. Ils allerentdonc trouver Cleandre avec Agasias etavecl’homme quece chefde lochos avait