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XtNOPHON.
arrache ä Dexippe. Les generau x par-lerent en ces lermes :
40. «L’armee nous a envoyes versvous, Cleandre; si vous l’accusez (out en-tieic, eile vous permet de la j ugcr et d’enordonner ce cjue vous voudrcz; s’il n’y aqu’un des Grecs, ou deux, ou un plusgrand nombie qui voussoient suspects,son intention est qu’ils viennent eux-memes aux picds de votre tribunal. Est-ce ä l’un de nous que vous imputez destorls ? vous nous voyez coinparaitre.Serait-ce ä un autre? designez-le. Au-cun des Grecs qui voudront nous obeirne se soustraira ä votre juslice. » Aga-sias, s’approcbant ensuite, dit : « C’est^ moi, Cleandre, qui ai enleve ce soldatä Dexippe qui le conduisait; c’est moiqui ai dit aux Grecs de frapper ce memoDexippe. Je connaissais mon soldat pourun homme valeureux, et je savais queDexippe avait ete cboisi par l’armeepour monter un navire de cinquante ra-mes, que nous avions emprunte auxhabitans de Trebizonde. Je me souve-nais qu’au lieu de s’en servir ä nousamener des bätimens pour not re retour,comme il lui etait ordonne, il s’etaitenfui, et avait trahi les compagnonsavec lesquels il avait echappe ä tant dedangers. Par lui, les habitans de Trebi-zonde ont perdu leur navire, et notrereputation en a souffert aupres d’eux.Il a, autant qu’il etait en lui, machinela perte de tous lant que nous sommes;car il avait entendu dire, comme nous,qu’il nous etait impossible de rctournerpar terre dans la Grece, et de traverserles fleuves qui nous en separaient. Telest l’homme ä qui j’-ai arrache mon sol-dat. S’il eüt ete conduit par vous oupar quelqu’un ä qui vous en eussiezdonne l’ordre, et non par un deserteurde notre armee, soyez bien convaincuque je ne me serais permis rien de ceque j’ai fait; songez de plus que si vous
prononcez en ce moment l’arr&t de montrepas, vous aurez immole un bravepour venger un lache et un scelerat. »
41. Cleandre ecouta ce discours etrepondit qu’il ne pretendait point ap-prouver Dexippe, s’il avait commis cesforfaits-, qu’il ne pensait pas cependantque quand meme ce Lacedemonien se-rait un homme abominable, on fütautorise ä user de violence envers lui.«Yous devriez en ce cas le juger commevous demandez vous-memes ä l’ötre au-jourd’hui, et lui faire subir ensuite lapeine due ä son crime. Retirez-vousmaintenant, et laissez-moi Agasias.Trouvez-vous ä son jugement lorsqueje vous fcrai averlir; je n’accuse plusl’armee ni aucun autre Grec, puisquecelui-ci convienl d’avoir arrache le Sol-dat des mains de Dexippe. » Le soldatdit alors : « Yous presumez peut-ölre,Cleandre, que l’on ne me conduisaitvers vous que parce que j’etais en faute.Je n’ai frappe personne; je n’ai pointjetö de pierres; j’ai dit seulement quele belail devait 6lre confisquö au profitde l’armee; car les soldats ont fait la loi,que si l’un d’eux va en parliculier ä lamaraude lorsque l’armee sort des re-tranchemens, ce qu’il prend appartientä toule l’armee. J’ai eite cetle loi. Surce propos, Dexippe m’a saisi et m’en-trainait, afin que personne n’osät par-ier et qu’il püt sauver le butin, s’enapproprier une parlie, et rendre 1’aulieaux maraudeurs, au mepris du de-cret de l’armee. — Puisque vous ctesl’homme dont il s’agit, dit Cleandre,restez ici afin que nous deliberions aussisur ce qui vous concerne. »
42. Cleandre et les siens dinerent en-suite. Xenophon convoqua l’armee, etlui conseilla d’envoycr ä Cleandre desdeputös, pour lui demander la gräcedes deux Grecs qu’il avait retenus. Onarreia qu’on deputerait vers lu les ge-