RETR/V1TE DES DIX. MILLE. — UV. VII.
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neraux, les chefs de loclios, Dracontiusde Sparte, et quiconque fut juge capablede le fleehir. On les chargea de tächer,par toutes les suppliques possibles, del’engager ä relächer les deux prison-niers. Xenophon y etant alle lui dit :«Vous avez en votre pouvoir les accu-ses, Cleandre; l’armee vous a permisd’ordonner de leur sort et du sien; eilevous demande maintenanl et vous con-jure inslamment de lui rendre ces deuxGrecs, et de ne les pas faire perir. Ilsmeritent cette gräce par toutes les fali-gues qu’ils ont essuyees pour le salut del’armee. Si eile oblient de vous celtefaveur, eile vous promei de la recon-naitre; et si vous daignez nous Com-mander, et que les dieux nous soientpropices, nous vous monlrerons quenos soldats sont disciplines, et qu’avecl’aide du ciel et l’obeissance qu’ils ontpour leur göneral, ils ne craignent au-cun ennemi. Vous etes meme supplie,quand vous aurez pris le commande-ment, de nous mettre tous ä lepreuve,nous, Dexippe, les Grecs; de reconnaitrece que vaut chacun de nous, et de letrailer ensuite selon qu’il le mente. »Cleandre repliqua ä ce discours : « Parles fils de Leda! ma reponse ne se ferapas attendre : je vous rends les deuxGrecs. J’irai moi-meme vous trouver;et, si les dieux ne s’y opposent, ce seramoi qui vous ramenerai en Grece. Vosdiscours me prouvent bien le contrairede ce qu’on m’avait dit de vous, quevouscherchiez ä detacher votre armee del’obeissance due aux Lacedemoniens.»
45. On donna des louanges ä la cle-mence de Cleandre, et on retourna aucamp avec les deux Grecs qu’on avaitdelivres. Cleandre sacrifia pour consul-ter les dieux sur le depart. Xenophonet lui eongurenl, en se frequenlant, del’amitie l’un pour l’auire, et ils se lierenttous les deux par les noeuds de l’hospi-
lalite. Quand ce Lacedemonien eut vules soldats execuler avec preeision lescommandemens qu’on leur faisait, ildesira bien davantage d’ötre ä la tete del’armee; mais il eut beau sacrifier pen-dant trois jours, il ne put obtenir l’aveudes dieux. 11 assembla enfin les gene-raux, et leur dit: « Les presages que jetrouve dans les entrailles des victimesne me permettent point de conduirel’armee. Que ce refus des dieux ne vousdecourage pas; c’est ä vous probable-ment qu’il est reserve par eux de la ra-mener hors de l’Asie; meltez-vous enmarche; je vous recevrai de mon mieuxä votre arrivee ä Byzance. »
44. Les soldats resolurent de lui offrirle menu betail qui etail au depöt com-mun. Cleandre le regut par honneur,mais le rendit aussilöt aux Grecs. Lui-meme mit ä la voile. Les soldats, apresavoir vendu le ble qu’ils avaient apporteet les autres effets qu’ils avaient pris, semirent en marche ä travers la Bithynie.Mais comme, en suivant le chemin leplus droit, ils ne trouverent rien ä piller,le desir de ne pas rentrer en pays amiles mains vides leur fit prendre la reso-lulion de revenir sur leurs pas pendantun jour et pendant une nuit. Ayantexecute ce dessein, ils firent un grandnombre de prisonniers et emmenerentbeaucoup de menu betail. Ils arriverentle sixieme jour ä Chrysopolis, lieu duterritoire de Chalcedoine; ils y demeu-rerent sept jours, occupes ä vendre lebulin qu’ils avaient fait.
LIVRE SEPTlfiME.
On a rapporle, dans les livres prece-dens, d’abord toutes les actions desGrecs pendant leur marche aux ordresdeCyrus, jusqu’ä l’affaire oüce princefut tue; ensuite ce qui leur arriva dans