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Tome premier.
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UETRAITE DES D1X MILDE. — UV. VII.

G. Anaxibius, ayant assemble les ge-1nöraux el les chefs de leehos, leur dil: |« Prenez des vivres dans les villages deTfirace. Vous y trouverez beaucoupd’orge, de froment ei d’autrcs provi-siöns. Apres vous en et re munis, mar-chez vers la Chersonese; Ginisque vous .y donnera la paye, » Quelques soldats ;entendirentcesmois et les rapporlerent |ä l'armee, ou peut-elre memo fut-ce 'quelque chefde loclios qui commit cette ;indiscretion. Les generaux prenaient des jinformalionssur Seuthes, demandaieul ■s’il etait albe ou ennemi, s’il fallait tra-vevser le Mont Sacre, ou, faisant undetour, passer dans I’interieur de laThracc.

7. Pendant qu’ils tenaient ces dis- ;

cours, le Soldat saute ä ses armes et courtde toute sa force vers Byzance commepour rentrer dans les murs de cette ville. !flleonique et ceux qui etaient avec lui,voyant les lioplitesaccourir, fermem lesportes et mettent la barre; les soldats ;frappaient aux portes et criaient quec’etait une injustice atroce qu’on com-mettait envers eux de les cbasser liorsdes remparls oü ils seraient ä la merei jde l’ennemi; ils menagaient de fendreles portes ä coups de hache si on ne lesleur ouvrait de bonne gräce. II y en eutqui coururenl a la mer et qui, a l’ex- :tremile du mur, grimpercnt sur les ipierres qui s’avangaicnt dans les flols,et se jeterent dans la place ; d’autressoldats, qui n’en etaient point sortis, jvoient ce qui se passe aux portes, cou-1pent avec leurs bacbes les barres de !derriere, ouvrent les ballans , et l’ar- ;mee se precipile dans la ville. i

8. Des que Xenopbon s’apergut de ;ce qui arrivait, il craignit que les ;Grecs ne s’abandonnassent au piilägeet qu’il n’en resullät un malheur irre- ;parable pour la ville, pour lui-meme .et pour l'urmee; il cgwiut et enua dttus!

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la place avec la foule des soldats. Lescitoyens voient les troupes penetrerparviolence dans l’cnceinte de leurs murs;ilsfuient des places publiques; les unssc reiirent dans leurs maisons, les au-tressur des navires. Ceux au contrairedes babitans qui se trouvaient chez euxen sortent avec terreur; il y en avaitqui langaient des galeres äla mer pourse sauver; tous se croyaient perdus,comme si la ville eüt ete prise d’assaut.Eteonique se refugie dans la ciladelle;Anaxibius court ä la mer, saute dansun baleau de pecheur, suit la cöle etvienl aborder ä la citadclle. 11 envoieaussilöt cherclier un detachement delagarnison de Chalcedoine ; car il necroyait pas que celle qui etait dans laforteresse avec lui füt süffisante pourarreter l’impetuosile des Grecs.

9. Les soldats apergoivent Xenopbonau milieu d’eux; ils se precipilenl enfoule sur lui et lui Client: « C’est ac-luellemenl, Xenopbon, qu’il faut vousmontrer un homme; voilä une place,voilä des galeres, voila des richesses,voilä des troupes nombreuses ä votredisposition; vous pourriez maintenantnous faire du bien si vous lo vouliez,et nous ferions de vous un hommepuissant. — J’approuve ce que vousdites, repondit Xenopbon, et je meconduirai en consequence. Puisque telssont vosdesirs, rangez-vous au plus toten bataille et posez ainsi vos armes äterre. » Il leur parlail sur ce ton pourles apaiscr; il exhorta les aut res gene-raux ä leur tenir de semblables proposet ä leur faire meltre bas les armes. LesGrecs se formerent d’eux-memes. Enpeu de temps les hoplites furent sur cin-quante de hauteur; les armes ä la le-gere coururent se langer sur les deuxailes. La place oü ils se trouvaient esttres-commode pour y meltre des trou-pe§ en bataille: on l’appelle la place