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Tome premier.
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XENOPHON.

des Tlnaees; eile est unie et ilegageode maisons. Quand les armes furentposees ä terre et que la premiere cha-leur du soldat fut un peu tombee, Xe-nophon convoqua Tarmee et parla ences termes:

10. « Je ne m’etonne, soldats, ni devotre colere, ni de l’opinion oü vousfites qu’on vous a cruellement trompes;mais si nous suivons ces mouvemensde fureur, si nous punissons de leurfourberie les Lacedemoniens qui sontentre nos mains, et une ville qui n’enest nullement complice , songez auxsuites qu’auront vos ressentimens. Vousserez ennemis deelares de Sparte, et ilest aise de prevoir dans quelle guerrevous vous engagez en jetant les yeuxsur les evenemens encove recens et enles rappelant ä votre memoire. Nousautres Atheniens , lorsque nous avonscommence la guerre contre ces memesLacedemoniens et contre les villes deleur parti, nous avions au moins quatrecents galeres, soit en mer, soit dansnos chanliers; notre ville regorgeait derichesses; nous tirons un revenu annuelde mille talens pour le moins de l’At-tique ou des pays situes hors de nosfrontieres; notre empire s’etendait surtoutes les des; il comprenait nombrede villes en Asie, beaucoup d’autresenEurope, et celte meine Byzance oü vousvous trouvez maintenanl etail alors sousnos lois. Nous n’en avons pas moinssuccombe, et vous le savez tous. Quecroyez-vous qu’il nous arrive aujour-d’hui? Les Lacedemoniens ne sont plusligues seulemenl avec les Acheens,mais encore avec Athenes et avec tousles anciens allies de cette republique.Nous avons nous-mfimes pour ennemisTissapherne et tous les Barbares quisont au-dela de la mer. Nous avonspour ennemi bien plus cruel encore legrand roi, contre lequel nous avons

marche pour lui fiter sa eouronne etpour lui arracher la vie s’il eüt de-pendu de nous. D’apres ce tableau ge-neral de toul ce qui se reunit et con-spire contre nous, est-il quelqu’und’assez insense pour presumer que nousen sortirions vainqueurs? Ne nouscon-duisons pas en furieux , je vous enconjure par les Immortels; ne nousperdons pas honteusement nous-memesen faisant la guerre ä notre patrie, änos amis, ä nos parens; car ils sonttous citoyens des villes qui s’armerontcontre nous, et ne sera-ce pas avec jus-tice? Quoi! nous n’avons voulu garderaucune place des Barbares, quoique par-tout triomphans, et la premiere villegrecque oü nous entrons, nous allonsla metire au pillage! Puisse-je, je lesoubaite, fitre ä cent pieds sous terreavant de vous voir commeitre de pa-reils exces! Vous fites Grecs, je vousconseille de vous soumeltre aux chefsde la Grece et d’essayer de vous faireaccorder par eux un traitement equi-table; mais si vous ne pouvez pas l’ob-tenir, il ne faut pas, quelque injusticequ’ils vous fassent, vous fermer ä ja-mais les portes de votre patrie. Je suisd’avis d’envoyer des deputes ä Anaxi-bius, et de lui dire : Nous ne sommespoint enlres ici pour y commeitre lamoindre violence, mais pour täcberd’obtenir de vous, si nous le pouvons,quelques avantages, et pour vous fairevoir, si vous nous refusez, que ce n’estpas parce que nous nous laissons abu-ser, mais parce que nous savons obeir,que nous sortons de Byzance. »

11. Ce parti fut adople; on envoyaIlieronyme d’Elide, Euryloque Arca-dien et Philesius d’Achai'e faire ces re-presentations ä Anaxibius. Ils partirentpour s’acquitter de leur mission. Lessoldats etaient encore assis prcs de leursarmes quand Cyratade Thebain vintle*