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Tome premier.
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XENOPHON.

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dons dans la suite, et vous prouve maveneration comme les autres. » Xeno-phon ne savait com ment se conduire,d’autant qu’il se trouvait assis sur lesiege le plus pres de Seuthes, oü onl’avait place par honneur. Hüraclideordonna ä l’echanson de lui presenter lacorne. Xenophon, qui se sentait dejä«n peu echauffe du vin qu’il avait bu,se leva, avec plus de hardiesse, prit lacorne et dit : « Pour moi, Seuthes, jeme donne ä vous moi-meme et tous mescompagnons; vous aurez en nous desamis fideles; aucun ne vous sert avecrepugnance; tous desirent, au contraire,de meriter encore plus que moi vosbonnes gräces. Vous les voyez ä votrearmee, non qu’ils aient rien ä vous de-mander; ils ne brülent que d’essuyerdes fatigues et de s’exposer ä des dan-gers pour vous. Avec eux, s’il plait auxdieux, vous rentrerez dans les vastespossessions dont jouissaient vos ance-tres, et vous y ajouterez de nouvellesconquetes. Beaucoup de chevaux, nom-bre d’esclaves, des femmes charmantesvous apparliendront, et ce ne serontplus des fruits du pillage, mais despresens que vous offriront volontaire-ment vos sujets. » Seuthes se leva, butavec Xenophon, et versa le reste du vinsur le convive qui etait de l’autre cötepres de lui. Des Cerasuntiens enlrerenlensuite. Ces Barbares jouent de la fluteet sonnent avec des trompetles failesde cuir de bosuf cru ; ils observent lamesure, et leurs trompettes ont le sond’un instrument ä corde. Seuthes lui-meme se leva, jeta le cri de guerre ets’elanca tres-legerement, faisant sem-blant d’eviter l’atteinte d’un trail. Onfit entrer aussi des bouffons.

31. Le soleil etait pres de se coucher;les Grecs se leverent de table et direntqu’il etait heure de poser les gardes dusoir et de donner le mot. Ils prierent

Seuthes d’ordonner qu’il n’enträt denuit dans leurs cantonnemens aucunThrace : « car nos ennemis , dirent-ils,sont Thraces ainsi que vous qui etes nosallies, et l’on pourrait s’y meprendre.»Des que les Grecs sortirent, Seuthes seleva aussi. 11 n’avait poinl du tout l’aird’un homme ivre; il sortit, rappela lesgeneraux et leur dit: « Les ennemis nesont point encore instruits de nolre al-liance; si nous marchons ä eux avantqu’ils se gardent contre nos incursionset se preparent ä nous resisler, c’est lemoyen de faire plus de prisonniers etde butin. » Les generaux approuverentson avis et le presserenl de les y mener.« Preparez-vous ä marcher, leur dit-il,et atlendez-moi; j’irai vous trouver lors-qu’ij sera heure de partir; je prendraides armes ä Ja legere et vos troupes,et avec l’aide des dieux je vous condui-rai contre l’ennemi. » Xenophon luirepondit : « Puisqu’il faut marcher denuit, considerez si l’usage des Grecsne vaudrail pas mieux que le völre. Dejour, c’est la nature du pays qui decidedu genre des troupes qui font la tötede la colonne; lanlöt c’est l’infanterie,tantot la cavalerie. Mais la nuit, notreregle est que les troupes les plus pe-sanles soient en avant. Par lä, il est rareque l’armee se separe ; on n’est guereexpose ä se trouver les uns loin des au-tres sans le savoir. Souvent des troupesqui se sont ainsi divisees dans l’obscu-rite tombent ensuite les unes sur lesautres, ne se reconnaissent point, et sefont reciproquement beaucoup de mal.»Seuthes reprit : « Votre reflexion estjusle; j’adopterai votre usage. Je vousdonnerai pour guides ceux des gens lesplus äges du pays, qui le connaissentle mieux. Je vous suivrai moi-meme,et ferai l’arriere-garde avec la cavalerie;je me serai bientöt porte ä la tete de lacolonne, s’il en est besoin.» Les Alhö-