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inissa aucune maison; il voulait par läjeter la terreur dans Ie pays, et fairesentir aux habitans du voisinage quelsoll les attendail s’ils ne se soumeltaient[ias ä lui. II partit ensuite, et envoyaIlöraclide ä Perinthe, avee le butin ,pour en faire de l’argent et avoir dequoi payer la solde de l’arinec. Lui-meme, avec les Grecs, alla prendreun camp dans la plaine des Thyniens.Ces pcuples quitlerent leurs liabita-tions et se refugierent dans les mon-tagnes.
36. II y avait beaucoup de neige, et ilfaisait un temps si dur, que l’eau qu’onapportait pour le souper gela en che-min; il en arriva autant au vin dans lesvases qui lecontenaient, et beaucoup deGrecs eurenl le nez et les oreilles brülespar l’exces du froid. On vit alors claire-ment pourquoi IesTlnaces mettaient surleurs tStes des fourrures de renard quileur couvraient les oreilles; pourquoi ilsportaient ä cbeval des tuniques qui necroisaient pas seuleinent sur leur poi-trine, maisenveloppaient leurs cuisses;et au lieu de chlamys, de longs vctcmensqui leur descendaient jusqu’aux pieds.Seuthes delivra quelques prisonniers,les envoya sur les montagnes, et fit direpareux aux paysans que, s’ils ne reve-naient pas habiter leurs maisons et vivresoumis ä ses lois, il brülerait leurs vil-lages, leurs provisions, et qu’ils mour-raient de faim. Sur ces menaces, lesvieillards, les femmes, les enfans des-cendirent; mais leshommesdanslafleurde l’äge resterent dans les villages siluessur la montagne. Seuthes, l’ayanl su,ordonna ä Xenopbon de prendre les plusjeunes des hoplites et de le suivre. On semit en rnarche pendant la nuit, et, a lapointe du jour, on sepresenta devant lesvillages; mais la plupart des Thracesprirent la fuite et echapperent, car lamontagne n’elait pas loin, SculheB pet<;a
ä coups de javelot tous ceux qu’on putarreter.
37. Il y avait ä l’armee un certainEpisthene d’Olynthe, qui aimait avecpassion la jeunesse de son sexe. Il vit unenfanl d’une figure agreable qui enlraitdans läge de puberte; il le vit, dis-je,lenant en main un bouclier d'armesä lalegere, et ränge parmi les malheurcuxdeslines ä inourir. Il courut ä Xeno-plmn, et le conjura d’interceder pour cejoli enfant. Xenopbon s’approcba deSeuthes et le pria de ne pas mettre ämort lejeuneThrace. Il lui dil quel etaitle goüt d’ßpisthene, lui raconta que ceGrec, levant autrefois un lochos, n’avaitcberche dans ses soldats d’autre meriteque la beaute, et avait donneä leur teledes preuves de sa valeur. Seuthes s’a-dressa ä Episthene. « Aimez-vous, luidit-il, ce jeune Thrace, jusqu’ä vouloirprend re sa place, et mou ri r pou r le sau-ver ? » ßpisthene presenla son cou« Frappez, dit-il, si eet enfant le desire,et doit m’en savoir gre. » Seuthes de-manda au Thrace s’il voulait qu’onporlät ä Episthene le coup qui lui etaitdesline; le prisonnier n’y consenlit pas,ct supplia Seuthes de ne les mettre ämort ni l’un ni l’autre. Episthene em-brassa alors cet enfant avec transport.« Yenez maintenant, dit-il ä Seuthes,combattre contre moi pour ravoir cettevictime, car je ne m’en separerai pasvolontairement. » Seuthes se mit ä rireet ne songea plus ä sa vengeance. Il jugeaä propos que l’armee ne s’eloignät pasde ces villages, afin que les Thraces re-fugies sur la montagne ne pussent entirer leur subsistance. Lui-meme des-cendit un peu dans la plaine et y mar-qua le camp de ses troupes. Xönophoncantonna, avec son detachement de sol-dals d’eüte, dans le village le plus elevede ceux qui sont au pied du mont, etle teste des Grecs ö peu de distatice»