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XfcNOPHON.
exposes ä toutes les injures de l’air?N etait-on pas au coeur de l’hiver? Nevous fallait-il pas payer au marche votresubsistance? Les vivres m6me ä prixd’argent y elaient-ils en abondance, etaviez-vous bien suffisamment de quoivous en procurer? Vous eliez cependantcontrainls de resier en Thrace. Des ga-leres en rade vous barraient la traversede la Propontide. Demeurant en Eu-rope, il fallait etre en pays ennemi, etles Thraces vous opposaient une cava-lerie et une infanterie legere nom-breuse. Nous avions ä la verite de l’in-fanterie pesante, et en nous portant enforce sur des villages, nous aurionspeut-etre pris quelques grains; maisnolre butin aurait ete peu de chose.Nous n’avions point de troupes capa-bles de poursuivre l’ennemi, de fairedes prisonniers, d’arreter des bestiaux;car lorsque je vous ai rejoints, je n’airetrouve ä votre camp ni cavalerie, niarmes ä la legöre. Suppose que, voyantl’extreme dtitresse oü vous eliez, jen’eusse point exige de solde et que jeme fusse contente de vous donner pourallie Seuthes, qui avait ä ses ordres cedont vous manquiez, de la cavalerieet des armes ä la legere, croyez-vousque j’eusse fait un traite nuisible pourvous? Des que vous avez ete reunis ä sestroupes, vous avez oblige les Thraces äfuir avec plus de celerite. De lä, plus degrains se sont trouves dans les villages;on a fait des esclaves, on a pris desbesliaux, dont vous avez eu votre pari.Depuis que nous avons oppose de lacavalerie ä nos ennemis, nous n’enavons pas revu un seul; jusque-lä leurcavalerie et leurs armes ä la legere nouspoursuivaient avec audace; ils nousempechaienl de nous disperser, et denous procurer par lä des vivres. Si Seu-tlies, qui nous a valu cette securile, nevous a pas pave bien exactement votre
solde, comptez-vous pour rien la tran-quillite dont vous avez joui? Regardez-vous son alliancecomme un grand mal-heur qui vous soit arrive, et croyez-vousque pour l’avoir negociee je merite dene pas sorlir en vie de vos mains? Com-menl vous' retirez-vous aujourd’hui ?N’avez-vous pas passe votre hiver dansla plus grande abondance de lout ce quiest necessaire ä la vie? N’emportez-vouspas de plus ce qui vous a ete paye parSeuthes?car vous avez vecu aux depensde l’ennemi, et quoique vous fussiezau milieu de son pays, il ne vous a pastue un homme; il n’a pas fait un seulde vous prisonnier. Ne vous reste-t-ilpas ce que vous avez acquis de gloire enAsie contre les Barbares, et n’y avez-vous pas ajoute celle d’avoir vaincu lesThraces ä qui vous avez fait la guerreen Europe? Oui, j’ose vous dire quevous devez rendre gräces aux dieux,comme d’une faveur insigne, de ces pre-tendus malheurs que vous me repro-chez, et qui vous irritent contre moi.Telle est votre position actuelle. Consi-derez la mienne, je vous en conjure parles Immortels. Lorsque je levai l’ancrepour retourner ä Athenes, j’emportaisles louanges dont vous me comblieztous; j’esperais jouir de quelque gloirechez le reste des Grecs, d’apres l’opi-nion que vous leur donneriez de moi;j’avais la confiance des Lacedemoniens,sans quoi ils ne m’auraient pas ren-voye vers vous. Je pars maintenant ca-lomnie par vous pres de ces memes La-cedemoniens, parce que je vous suistrop atlache; ha'i de Seuthes, de ce Seu-thes ä qui j’ai rendu avec vous les plusgrands Services; chez qui j’esperais trou-ver une retraite glorieuse pour moi etpour mes enfans, si j’en avaisjamais;et comment me jugez-vous aujourd’luuvous-memes qui m’avez fait tant d en-nemis cruels et plus puissans que moi,