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vous, dis-je,potu la prosperile desquelsje n’ai cesse jamais, et je ne cesse pasencore de prendrc des soins et de faire]es dcrniers efforts ? Vous me lene/, envotre pouvoir; je n’ai poirit cherche äm’evader, ni ä vous echapper par unehonteuse fuite. Mais si vous me traitezcomme vous l’annoncez, sachez cpievous mettrez ä mort un honune qui,sans calculer si e’etail son devoir ou ce-lui d’un aulre, a souvent veille pour vo-tre salut, a essuye ä votre tete miile fa-ligues et couru encore plus de dangcrs;qui, par la faveur des dieux, a erigcavec vous nombre de trophees des ar-mes des Barbares, et qui ne vous a re-sisle de lout son pouvoir que pour vousempecher de vous faire un ennemi d’au-cun des Grecs. Vous pouvez maintenantaller oü vous voudrez par terre et parmer. Vous ne trouverez nulle pari uneaccusation intentee contre vous, et lors-qu’aujourd’hui la fortune vousrit, quevous allez mettre ä la voile pour cetteAsie, oü vous aspirez depuis si Iong-temps ä porter la guerre; lorsque lepeuple le plus puissant implore votresecours, qu’on vous donne une solde,et que les Lacedemoniens, qui passentmaintenant pour la premierp nalion dela Grece, viennent vous chercher et semettre ä votre tete, vous croyez devoirsaisir ce moment pour vous defaire auplus vite de moi. 0 vous qui vous pi-quez d’avoir tant de memoire, ce n’etait.pas ainsi que vous me traitiez lorsquevouseliez dans des circonstances criti-ques et malheureuses; vous m’appeliezalors votre pere, vous me juriez de vousSouvenir toujours de moi comme devotre bienfaiteur. Que dis-je ! ces Lacö-demoniens memes qui viennent vousproposer de les suivre ne sont pas siddraisonnables, et je suis convaincuqu’ils n’en concevronl pas une mei lleureopinion de vous en voyant com ment.
vous en usez avec moi. » Xenophonccssa alors de parier.
50. Charmin, l’un des Lacedemo-niens, se leva et dil aux Grecs : « Sol-dals, je ne crois pas que vous ayez unjustesujel d’etre irrites contre ce general;je puis moi-meme deposer en sa faveur;car lorsque Polynice et moi nous avonsparle de Xenophon ä Seuthes, et luiavons demande quel liomme c’etait, ilnous a repondu qu’il n’y avait d’autrereproche ä lui faire que d’aimer trop lesoldat, et qu’il en etait plus mal aveclui-meme Seuthes et avec les Lacede-moniens. » Euriloque de Lusie, Arca-dien, se leva ensuite et dit : « Lace-demoniens , vous eles nos generaux.La premiere affaire dont vous devez,selon moi, vous occuper est de nousfaire payer par Seuthes, de gre ou deforce, la solde qui nous est due, et de nenous pas faire sortir auparavant de sesEtats. » Apres lui Polycrate, Athenien,se leva pour parier en faveur de Xeno-phon, et dit : « Soldals, j’aperQois iciHeraclide; il a pris le butin qui etait leprix de nos fatigues; il l’a vendu, etn’a remis ni ä Seuthes ni ä nous l’argentqui en est provenu, mais il l’a vole etl’a garde pour lui-meme. Si nous faisonsbien, nous nous en prendrons ä lui,d’autant que ce n’est point un Thrace;il est Grec comme nous, et s’est renducoupable envers ses compatrioles. »
51. Ce discours qu’entendait Hera-clide le frappa de lerreur; il s’appro-cha de Seuthes : « Si nous nous con-duisons sensement, lui dit-il, nousnous eloignerons, et ne resterons pasplus long-temps au pouvoir des Grecs. »11s remonterent donc sur leurs chevaux,et coururent ä loute brideä leurcamp;de lä Seuthes cnvoie Ebozelmius, soninterprete, ä Xenophon, exhorte ce ge-neral ä rester ä son Service avec miilesoldals grecs, s’engage ä lui donner les
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