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Tome premier.
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XRNOPIION.

J’aiconsidered’abordqu’apres les dieuxc’etaienl nous qui vous avions faitroi dune vaste contree et d’un peuplenombreux, et qui vous avions eleve äun rang si eclatant qu’aucune de vosactions honnetes ou honteuses ne peutetre ignoree; il me parait qu’il im-porle ä un prince tel que vous de nepoint passer pour avoir renvoye sansrecompense ses bienfaiteurs , qu’il luiimporle encore d’etre loue par la bou-che desix mille hommes qui l’ont servi,et surlout de ne point s’etablir la repu-talion de trahir sa paroIe. Je vois quecelle des humains qui y onl manquene leur sert de rien, est sans force etsans consideralion, quoiqu’ils la pro-diguent partout; mais ceux qui fontprofession d’elre fideles a leurs engage-mens n’ont qu’ä dire un mot des qu’ilssont dans le besoin; ils obtiennent au-tant que d’autres en employant la vio-lence. Yeulenl-ils mettre quelqu’un äla raison, leurs menaces equivalent auchätiment auquel il faudrait recourir.11 ne leur en coüte qu’une promessepour transiger aussi aisement que d’au-tres l’argent ä la main. Rappelez-voussi vous nous aviez rien avance lorsquenous avons fait alliance avec vous : jepuis certifier que non. Ceful donc parla confiance qu’on avait dans volre sin-cerite que vous engageätes une armeenombreuse äjoindre ses armes aux vö-tres, et ä vous soumettre un empire quine vaut pas seulement cinquante ta-lens, somme ä laquelle les Grecs eva-luent ce qui leur reste du, mais des tre-sors bien plus considerables; et c’esl parune avarice sordide, et pour retenir cescinquante talens, que vous prostituezvotre foi qui vous a valu votre couronne.Rappelez-vous encore quelle impor-tance vous metliez ä conquerir le paysqui vous est enfin soumis. Je suis sürque vous desiriez beaucoup plus alors

de reussir glorieusement dans votre en-treprise fcomme il vous est arrive, quede posseder le centuple de l’argent quevous nous refusez. Or, il me sembleque comme il est plus fächeux de re-tomber de la richesse dans la pauvretequ’il ne le serail de n’etre jamais sortide l’indigence; que, comme il est plushumiliant de redevenir particulier endescendant du tröne qu’il ne le seraitde n’y etre jamais monte; il me semble,dis-je, que ce serait de m6me un plusgrand malheur, une plus grande tachedans votre vie d’etre depouille de ce quevous possedez maintenant que de n’enavoir jamais joui.Y'ous savez que ce n’apas eie par inclination que vos peuplesse sont soumis ä votre domination, quela force seule les y a contraints; etvous ne doutez pas qu’ils ne fissent denouveaux efforts pour recouvrer leurliberte, si la terreur de vos armes neles contenail dans le devoir. Mais cetleterreur, ne croyez-vous pas la leur in-spirer plutöt, et les attacher davantageä votre empire, en leur faisant voir nostroupes disposees ä rester sous vos or-dres, si vous l’ordonnez; ä revenirpromptement ä votre secours, s’il en estbesoin , et tous ceux qui nous enten-dront parier de vous avec eloge, prßtsä se langer sous vos drapeaux et ä se-conder vos desseins quels qu’ils soient;qu’en faisant presumer ä vos nouveauxsujets que personne ne voudra desor-mais joindre ses armes aux vötres, parcequ’on craindra, d’apres ce qui s’eslpasse, d’eprouver volre ingratitude etvotre infidelite, et que nous sommesdejä nous-memes mieux intentfonnfepour eux que pour vous? Ce n’a pas eted’ailleurs parce que les Thraces nousetaient inferieurs en nombre, qu’ils ontsubi lejoug, mais parce qu’ils man-quaient de chefs. Vous avez donc äcraindre qu’ils ne s’en choisissent au-