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Tome premier.
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RETRA1TE DES D1X J11LLE. — UV. VII.

jout'd’hui parmi ces Grecs qui croienlavoir ä se plaindre de vous, qu’ils nemettent ä leur tete les Lacedemoniensmfemes, plus puissans que le reste dela Grece; et ceux-ci qui ont besoin denotre armee se preleront ä de leis des-seins, si les soldats leur promettent deles su ivre avec plus de zele, lorsqu’ilsauront tire de vous la somine qu’on re-clame. II est d’ailleurs Evident que lesThraces meines, que vous avez subju-guös, prendraient les armes contre vousplus volontiers qu’ils ne marcheraientpour vous servir; ear tant que voustriompherez, ils resteronl esclaves, eldes que vous serez vaincu ils recouvre-ronl leur liberte. Croyez-vous devoirdöjä considerer L’avantage et les vraisinlerets de votre nouvelle conquete?Songez que la contree sera plus mena-gee si nos soldats, payes de ce qu’ilspretendent, en sortent pacifiquement,que s’ils s’obstinent ä y rester commeen pays ennemi, et s’ils vous obligentä tächer de lever contre eux une armeeplus nombreuse, qui aura egalementbesoin de subsistances. Quant ä l’ar-gent, n’en depenserez-vous pas moins,en nous payant sur-Ie-champ ce quinous est du, qu’en conlinuant ä nous ledevoir, et soudoyant, pour nous le dis-puter, une plus grande quantite detroupes ? Mais Heraclide, ä ce qu’il m’adeclare, regarde la soinme comme im-mense. Cependant la lotalite de ce quenousexigeons de vous vous enrichiraitmoins aujourd’hui si vous le touchiez,et vous coüterait moins, si vous vousdeterminiezä le payer, que n’eüt fait,avant notre alliance, la dixieme partiede cette dette; car ce n’est pas la quotiled’une somme qui la rend considerableou legere, ce sont les facultes del’homme qui l’acquitte, et celles del’bommequi la regoit.Or, vos revenusaunuels mainlenant valent plus que le

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fonds de ce que vous possediez jadis.Quantämoi, Seuthes, j’ai faitsur votreSituation ces reflexions, et je vous les aicommuniquees, par attachement pourvous,afin que vous vous montriez di-gne des faveurs que les dieux vous ontaccordees, et que vous ne me perdiez pasmoi-meme de reputation dans l’espritdu soldat. En effel, vu les dispositionsoü est actuellement l’armee, vous devezetre certain qu’il me serait egalementimpossible de m’en servir pour me ven-ger de mes ennemis, ni pour vous pro-curer de nouveaux secours, si je formaisTun ou l’autre de ces projets. Jeprendscependant ä temoin, et les Immortels äqui rien n’est cache, et vous-meme,Seuthes, que je n’ai rien touche de vouspour les Services que vous ont rendusnos soldats, et que non-seulemenljenevousai pas pressöde m’enrichiräleursdepens, mais que je n’ai meine pas re-ciame ce que vous m’aviez promis. Jejure de plus que si vous m’aviez offertde remplir envers moi vos engagemens,je n’aurais rien accepte, ä moins quele soldat n’eüt refu en raeme temps jus-qu’ä la derniere obole de ce qui luietait dü. J’aurais regarde comme uneinfamie de stipuler mes interets parti-culiers et de negliger les siens; de tran-siger avantageusement sur mes preten-tions personnelles, et de Iaisser l’armeedans le malheur, surtout y jouissant dequelque consideralion. Qu’un Heraclidepense qu’il n’est d’autre bien dans cemonde que d’accumuler des tresorspar quelques moyens que ce soil, quantä moi, Seuthes, j’estime que les plusprecieuses, que les plus brillantes ri-chesses d’un homme, et surtout d’ungrand prince, sont la vertu, l’equite etla generosite. Qui les possede est en-toure d’amis et d’hommes qui aspirentä le devenir. Prospere-l-il? il voit tousles coeurs partager son bonheur; lui