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XßNOPHON.
survient-il une inforlune? une foule desecours se presentent pour l’en tirer. Simes actions n’ont pu \ous persuaderque je suis au fond du coeur bien in-tentionne pour vous; si mes discours nevous le tont pas connailre, reflechissezsur les propos du Soldat. Vous etiez pre-sent , et vous avez entendu vous-memece qu’ont dit ceux qui voulaienl blämerma conduite. On m’accusait, devant lesLacedemoniens, de vous etre plus atta-che qu’ä ce peuple, et l’armee me re-prochait d’avoir ä cceur votre prosperiteaux depens de ses interets. On allaitjusqu’ä m’imputer d’avoir regu de vousdes presens. Mais ce dernier reproche,pensez-vous que je l’eusse essuyesi l’onm’eüt soupgonne de mauvaise volontepour vous, et non pas de trop de zele?II me semble que quiconque accepte undon doit concevoir aussitöt des senti-mens de reconnaissance pour son bien-faiteur, et chercher a lui en donner despreuves. Avant que je vous eusse renduaucun Service, vous me receviez tou-jours avec plaisir; vos regards, vos dis-cours, las presens de l’hospitalile etaientgarans de volle bienveillance; vous nevous lassiez pas de m’accabler de pro-messes. Depuis que vos projets ontreussi, cl que vous avez acquis la plusgrande puissance que j’ai pu vouspro-curer, vous osez me dedaigner parceque j’ai perdu mon credit sur l’armee.Je ne doute pas cependant que vous nefinissiez par la satisfaire. Le temps des-sillera vos yeux, ct vous ne pourrezsupporter d’entendre les murmures devos bienfaiteurs. Ce que je vous de-mande, c’est, en prenantce parti, desonger ä mon honneur et de tächer deme remettre dans l’esprit du Soldat telque j’y etais lorsque je suis entre ävotre Service. »
56. Seufhes, ayant entendu ce dis-cours, maudit hautement celui qui etait
cause de ce que la solde desGrecs ne leuretait pas payee depuis long-temps, et toutle monde crut qu’il designait par cesmotsHeraclide.«Pour moi, ajouta ce prince,je n’ai jamais pretendu priver les Grecsde ce que je leur dois, et je m’acquit-terai avec eux. — Puisque vous vousresolvez ä les payer, reprit Xenophon,je vous conjure de leur faire tenir parmoi cet argent, et de ne pas negligerl’occasion de me rendre dans l’armeeia consideration dont je jouissais lors-que nous vous avons joint. — Ce nesera pas moi qui vous la ferai perdre,repliqua Seulhes, et si vous vouliezrester ä mon camp avec mille fanlas-sins seulement, je vous livrerais tousles dons et toutes les places que je vousai promis. — Cet arrangement cst de-venu impossible, repondit Xenophon,renvoyez-nous au plus tot. —Je saiscependant, dit Seuthes, que vous se-riez plus en sürete ä ma cour qu’oü| vous allez. — Je suis reconnaissant, re-pliqua Xenophon , de votre prevoyanccet de vos bontes, mais je ne puis resteravec vous. Croyez que si dans aucunlieu je recouvre quelque consideration,eile y tournera ä votre avantage. » Seu-thes s’expliqua alors en ces tCrmes :« Je n’ai point d’argent, ou du moinsj’en ai peu. II nemereste qu’un latent,
| et c’est ä vous que je le donne. Prenezj de plus six Cents boeufs, environ quatre! mille letes de menu belail, cent vingt! esclaves ct les ötages des Thraces quij vous ont attaques, puis retournez versles Grecs. » Xenophon sourit, et lui! dit : « Si la vente de ces effets ne suffit! pas pour payer tout ce que reclamel’armee, ä qui pourrai-je dire qu’ap-partient le talent dont vous me grati-fiez personnellement? Puisque vous mefaites entendre que je cours des risquesa rejoindre l’armee, ne faut-il pas aumoins que je me garde d’ßtre lapide?