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Tome premier.
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LA CYROPIÖDIE. — UV. II

jnier rang. II ordonnait ensuile aux es-couades de doublerles files, de manierequeles dizainiers venaienl en premiereligne. Enfin, par un second double-nient, lescinquainiersy venaienl aussi.Ai l ive ä la porle de la tenle, il rangeaitde nouveau ses soldals sur une seulefile, el les faisail entrer un ä un, d’a-bord ceux de la premiere escouade, en-suile ceux de la seconde, de la troisieme,dela quatrieme; puis il leur ordonnaitde se placer ä table, dans l’ordre oü ilsetaient entres. La palience et le zeledece taxiarque plurent tellemenl ä Cyrus,qu’il l’invila de meme ä souper, lui etsa compagnie. « Seigneur, dit unautretaxiarque qui etait du souper, n’invi-terez-vous pas aussi la mienne? car eilene manque jamais, avant ses repas, ätoules ces evolutions : de plus, lorsquemes soldats sortent de tablo, le serre-filede la derniere escouade conduit l’es-couade entiere, de Sorte que les der-niers se trouvent ä la tele; le serre-filede la troisieme escouade precede pareil-lernent la sienne; il en est de möme dela seconde et de la premiere. Par celtemanoeuvre les soldals apprennent com-ment on fait retraile au besoin. Lorsquenous partons pour le lieu destine ä nospromenades, si nous allons vers le le-vant, je marclie ä leur tele, el chacunsuitselonson rang; la premiere escouaded’abord, puis la seconde, la troisieme,la quatrieme, enfin les dizaines et lescinquaines, aussi long-lemps que je ledesire. Mais si nous tournons vers lecouchant, le serre-file et les soldals dela queue se trouvent ä la tete; et quoi-que alors je me trouvc ä la queue, onne m’en obeit pas moins : on s’accou-tume par ce moyen a savoir ou conduireou suivre.— Failes-vous souvent cetiemanoeuvre?— Toules les fois qu’il lautsouper. — Eli bien, je t’invite ä souper,toi et ta compagnie; puisque tu l’excrces

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avant et apres le repas, le jour et la nuit,puisque tu ent rcliens la vigueur du corpspar l’exercice, en meme temps que tuaugmentes celle de lame par la disci-pline; et comme tu fais tout au double,il est juste de t’offrir un double repas.— Apparemment, reprit le taxiarque,ce ne sera pas le meme jour, ä moinsque vous ne nous donniez un double es-lomac. » Apres cette conversation, onse separa. Cyrus invita, comme il l’avaitdit, cette compagnie ä souper, tant pourle lendemain que pour le jour suivant:temoins de cette faveur, toutes les autress’empresserenl de l’imiter.

4. Un jour que Cyrus faisait la revuede son armee, et qu’il la rangeait enbataille, un envoye de Cyaxare vint luiannoncer des ambassadeurs du roi desIndes; qu’il se rendit donc incessam-ment aupres de son oncle. « Je vous ap-porte, ajouta l’envoye, de beaux vete-mens de la part du roi : il veut vouspresenter dans la plus grande magnifi-cence aux Indiens, qui ne manquerontpas de remarquer l’ajustement sous le-quel vous paraitrez. » Cyrus ordonnesur-le-champau premier taxiarque de semettre ä la töte de sa compagnie, et dela langer sur une seule file ä la droile del’armee, lui recommandant de faire pas-ser ce meme ordre au second taxiarque,et du second ä tous les autres successi-vement jusqu’au dernier. L’ordre futaussitöt execute que donne : en un ins-tant, l’armeesetrouva disposee sur Iroiscents hommes de front (car il y avaitautant de laxiarques), et sur cent deliauleur. Cette disposition faite, Cyrusse mit ä la tete, leur ordonna de le sui-vre, et parlit en doublant le pas. Maisbienlöt observantque Iechemin qui con-duisail au palais elail trop elroit pourirois cenls hommes de front, il com-manda aux dix premieres compagnies,qui formaient ensemble mille hommes,

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