XfiNOPHON.
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de le suivre, dans l’ordre oü eiles setrouvaient; aux dix autres, de se meineä la queue des premieres, et ainsi de dixen dix. Comme il coniinuait ä marcherainsi ä la lete de l’armee, sans s’arreter,chaque troupe de mille hommes suivantde pres celle qui la precedait, il envoyadeux aidesdecamp ä I’entree du cbe-min, pour avertir de ce qu’il fallaitfaire ceux qui rignoraient. Lorsqu’on■ ful pvoche du palais, il ordonna au pre-mier laxiarque de ranger sa Compagniesuv douze de hauteur, de maniere queles douzainiers formassent la premiereligne, du cöte du palais: il lui enjoignitde faire passer cet ordre au second ea-pitaine; ainsi de proche en proche, atous les aulres; ce qui fut execule. Cy-rus se rendil alors aupres de Cyaxare,avec son habillement perse, que nedeshonorait aucun faste etranger. Si leroi fut Hatte de sa diligence, ce ne fulpas sans chagrin qu’il le vit grossierc-mentvetu.«A quoi penses-lu, lui dit-il,de te presenter en cet etat devant lesIndiens? Je dcsirais que tu parussesdans le plus grand eelat : j’eusse eieflattd que l’on vit le lils de ma soeurdans toute sa magnificence. — Cyaxare,si je m’elais babille de pourpre, parede Colliers, cbarge de bracelets, etqu’avec cela j’eusse tarde ä venir, vousaurais-je donc fait tant d’honneur? Monempressement ä vous montier des trou-pes aussi bien disciplinees que nom-breuses; ma prompte et respcctueuseobeissance, lasoumission de rnessoldatsü vos ordres, la sueur qui coule de monfront, nesont-ils pas pour vous commepour moi la plus riebe des parures? » Leroi, sentant la justesse de celle reponse,ordonna qu’on inlroduisil les Indiens.
Lorsqu’ils furent entres : « Nous ve-nons, dirent-ils, de la pari du roi desIndes, pour te demander quel est lesu-jel de la guerre entre les Assyriens et
les Müdes. Nous sommes charges d’aller,quand nous saurons ta reponse, fairela meme question au roi d’Assyrie; en-fin, de vous notifier ä Tun et ä l’autreque notre maitre embrassera, apres unmur examen, le parti de l’offense.—Ap-prenez de moi, repondit Cyaxare, quenous ne faisons aucun tort au roi d’As-syrie •, allez vers lui et sachez quellessont ses pr^tentions. — Seigneur, ditCyrus, mesera-t-il permis d’ajouterunmot? — Parlez. — Declarez au roi desIndes, si toutefoisCyaxare l’approuve,que nous le prendrons lui-m6me pourarbilre, dans le cas oü le roi d’Assyriese plaindrail de nous. » Apres cette re-ponse, les ambassadeurs se relirerent.
Quand ils furent sortis, Cyrus tint cediscours ä Cyaxare:« En qu ittant la Persepourmerendrepresde vous, je n’empor-tai pas avec moi beaucoup d’argent, ilm’en reste fort peu: cequej’avais.je l’aidepense pour dessoldats. Peul-etrecelavoussurprend-il,puisque vousfournissezä leursubsislance; mais voussaurez qu’ilm’a servi uniquement ädistinguer, ägra-tifier ceux qui lemeritaient. Jepensequedans toute entrepriseon aimemieuxs’as-surer du zele de ceux qu’on emploie, enlesencourageant.enleurfaisantdubien,qu’en leschagrinantouen lestrailanldu-remcnl. C’est, ce mesemble, particulie-rement ä la guerre qu’on doit gagner lescoeurs par la douceur et la bienfaisance,si on veut avoir de braves eompagnonsd’armes.Il faut quedessoldats, pour nousseco n de r avec zele, so i en t n os a m i s et nonpasnosennemis;qu’ilsnesoientpoinlja-
loux des succes de leur general, et qu’ilsne I’abandonnent point dans ses mal-lieurs. D’apres ces considerations, denouveaux fonds me semblent necessai-res. Surcharge comme vous l’eles d’uneinfinite de depenses, il serait deraison-nable de n’avoir rccours qu’ä vous seul.Avisonsdonc, Yousct 11101,0 ce que nous