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f-A CYROPÄDIE. — MV. III.
rait mcs vues pour le bien general, queje ne m’accommoderais de I’obeissanceforcee, meme la plus exaete d’un en-nemi personnel. — Et de qui serais-ludesormais autant cheri que de nous? —De ceux qui n’ont jamais ete mcs enne-mis, si je fais pour eux ce que (u mepresses de faire pour toi et les tiens. —Y a-t-il quelqu’un au monde pour quitu puisses faire autant que pour monpere ? Et d’abord, crois - tu qu’unhomme qui ne t’aura point offense lesache gre de lui laisser la vie? Si tu nelni enleves ni sa femme, ni ses enfans,en sera-t-il aussi reconnaissant que ce-lui qui confesse que tu peux avec jus-tice les arrachcr d’enlre ses bras? Est-ilquelqu’un qui doive et re plus affligeque nous de ne pas avoir le royaumed’Armenie? Celui qui ressentirait le plusde chagrin de s’en voir prive sera doncpenetre, en l’oblenant, de la plus vivereconnaissance. Si tu as ä coeur de lais-ser ä ton depart l’Armenie tranquille,comptes-tu y parvenir plus sürementavec un nouveau gouvernement qu’enlaissant subsister l’ancien? Si tu veuxemmencr d’ici un corps d’armec, quisera plus capable de clioisir les soldalsque celui qui les a souvent employes?S’il t’arrive d’avoir besoin d’argent,qui pourra mieux t’en procurer que ce-lui qui connait les ressources de l’Elatet qui en dispose? 0 brave Cyrus,prends garde, en nous perdant, de tefaire plus de tort ä toi-memc que monperen’eüt voulu t’en faire. » Ainsi parlaTigrane.
Cyrus l’avait ecoute avec un plaisirextreme en voyant l’effet de ses pro-messesä Cyaxare. 11 se rappelaitd’avoirdit ä ce dernier qu’il complait lui pro-curer un allie plus fidele ä l’avenir quepar le passe. « Eh bien, dit-il en adres-sant de nouveau la parole au roi d’Ar-menie, si je cede ä toutes ces instances,
combicn me donneras-tu de troupes,quelle somme d’argent me fourniras-tu pour la guerre? — Cyrus, je ne puisrepondre avec plus de francbisc et deverite qu’en le decouvranl toutes lesforces de ce royaume, alin que tu de-cides ce que tu veux emmener d’hom-mes et ce que tu nous laisseras pour ladefense du pays. Je te dirai de memeä quoi montent mes finances; quandtu le sauras, tu prendras ce qu’il teplaira, tu laisseras ce que tu jugerasä propos. — Fais ce que tu dis: ap-prends-moi combien tu as de soldalset en quoi consistent tes richesses. —L’Armenie, repondit leroi, fourniten-viron huit mille cavaliers et quaranlemille fanlassins. Mes richesses, eva-luees en argent, en y comprenant lestresors que m’a laisses mon pere, mon-lent ä plus de trois mille talens. —De tes troupes, reparlit ä l’instant Cy-rus , comme tu es en guerre avec lesChaldeens tes voisins, tu ne me don-neras que la moitie : ä l’egard de tesrichesses, au heu de cinquanle talensque tu devais ä Cyaxare ä tilre de tri-but, tu en paieras cent ä cause de toninfidelile. Mais tu m’en preteras centautres, et je te pronaets, si le ciel se-conde mes desseins, ou de te rendrede plus grands Services, ou d’aequittercette somme en nature si je puis. Si jene le fais pas, on pourra m’accuserd’impuissance, mais non de mauvaisefoi. — Au nom des dieux, Cyrus, neparle pas ainsi; autrement tu ne rani-meras pas ma confiance. Sois assureque ceque tu me laisses n’est pas moinsä toi que ce que tu emporteras. — Soit,dit Cyrus; mais que me donneras-tupour la rangon de ton epouse?— Toutce que je possede. — Pour tes enfans?— Encore tout ce que je possede. —C’est une fois plus que tu n’as reel-lement. Et toi, Tigrane, que donne-