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Tome premier.
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XfiNOPHON.

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ntis-lu pour la liberte de ta femme? (Ceprincc, nouvellement marie, l’aimaiteperdüment.) — Cyrus, je donneraisjusqu’ä rna vie pour la garantir de l’es-elavage. — Reprends-la, eile est ä toi;je ne la regarde point comme caplivepuisque tu n’as jamais abandonne no-tre parti : et toi, roi d’Armenie, re-prends aussi ta femme et tes enfans,sans ranQon, afin qu’ilssachent qu’ilsn’ont pas cesse d’elre libres. Voussou-perez avec nous; vous irez ensuite oüil vous plaira. »

11s resterent. Le souper fini, lors-qu’on etait encore dans la tenle, Cyrusdit ä Tigrane : « Qu’est devenu cethomme qui chassait avec nous, donttu faisais laut de cas? — Eh! monpere ne l’a-t-il pas fait perir! —Pourquel crime? — Sous pretexte qu’il mecorrompail. Cependant il avait l’ämesi honnete que, pres d’expirer, il mefit appeler et me dit : « Tigrane, ne« temoigne point ä ton pere aucun res-« Sentiment de ma mort; c’estpar igno-« rance, non par mechancete qu’il« m’ölela vie : or, j’estime que les fau-« tes commises par ignorance sont in-« volontaires. » — L’infortune! s’ecriaCyrus.—Seigneur, repliqua le roi,quand un mari tue celui qu’il surprenddans un commerce criminel avec safemme , c’est moins pour la detournerdu crime que pour punir un ennemiqui lui ravit un coeur que lui seul avaitdroit de posseder. J’avais con^u de lajalousie contre cet homme, parce qu’ilme semblait que mon fils lui rendaitplus d’honneur qu’ä moi. — Ta faule,dit Cyrus, est un effel de la faiblessehumaine ; oublie-la, Tigrane, en fa-veur de ton pere. »

Apres s’etre ainsi entretenus, ets’6-tre donne tous les ternoignages d’unesincere reconciliation, les princes etles princesses d’Armenie monlerent

dans leurschariots et s’en relournerenlcombles dejoie. Arrives au palais, Tunvantait la sagesse de Cyrus, l’autre sabravoure, celui-ci son caractere afla-ble, celui-lä sa taille elsa beaule; surquoi Tigrane s’adressant ä sa femme:« Et ä toi aussi, te semblait-il beau?

En verite, je n’ai point jete les yeuxsur lui. — Sur qui donc? — Sur celuiqui a dit qu’il donnerait sa vie pourque je ne fusse point esclave. » Cejouretant ainsi heureusement termine, cha-cun se livra au sommeil.

Le lendemain, Ie roi envoya despresens pour Cyrus et ses troupes, etordonna aux Armeniens destines äser-vir dans l’armee perse, de s’y rendredans trois jours. En möme temps ilcompta le double de l’argent qu’il de-vait fournir : mais Cyrus, apres avoirpris la somme qu’il avait demandee,lui rendit le surplus; ensuite il s’in-forma si ce serait le pereou le fils quicommanderait les troupes armenien-nes. « Celui que tu voudras, reponditle roi. — Pour moi, Cyrus, ajouta Ti-grane, je ne te quillerai point, dussd-je ne te suivre que pour porter le ba-gage. — Combien donnerais-tu, re-parlit Cyrus en riant, pour que tafemme apprit que tu es porteur de ba-gages? — II ne sera pas necessaire dele lui apprendre, car eile me suivra etpourra voir toules mes aclious. — Hä-tez-vous donc de faire vos preparatifs.— Compte que nous serons prets etmunis de toul ce qire mon pere doitnous donner. » Les soldats , apres avoirre<;u leurs presens, allerent prendre durepos.

2. Le lendemain, Cyrus, escortede Tigrane, d’une troupe des meil-leurs cavaliers medes, et de ceux deses amis qu’il jugeait ä propos d’a-voir avec lui, sortit du camp, ä che-val, pour aller reconnaitre le pays et