LA CYROPßME.
LTV. III.
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voir oü l’on pourrait conslruire une jforteresse. Arrive sur une eminence, |il pria Tigrane delui indiquer lesmon- jlagnes d’oü les Chaldeens descendaient jpour venir piller l’Arrnenie. Tigraneles lui ayant monlrees, Cyrus lui de-manda si elles etaient pour lors aban-donnees. « Non, certes, les Chaldeensy tiennent sans cesse des sentinellesqui leur donnent avis de tout ce qu’el-les aperyoivent.—Que font-ils quandils sont ainsi avertis? — Ils en defen-dent l’acces de toules leurs forces. »Apres celle reponse, Cyrus remarquaqu’une grande partie de la Campagneetait, par les suites de la guerre, in-culle et deserte. II retourna au campavec son escorte; et bien tot on soupa,puis l’on prit du repos. Le jour sui-vant, arriva Tigrane avec son bagage,suivi de quatre mille cavaliers, dixmille archers et autant de peltastes.
Pendant que les troupes armenien-nes s’assemblaient, Cyrus offrait dessacrifices. Ayant obtenu de favorablesaugures, il convoqua les chefs desMedes, et leur lintce diseours : « Mesamis, ces montagnes que nous voyonsappartiennenl aux Chaldeens; mais sinous en devenons maitres et que nousconstruisions un fort sur lesommet,nous tiendrons en respect et la Chal-dee et l’Armenie. Les auspices sontpour nous; d’ailleurs, rien ne secon-dera mieux le courage que la celerite.Si nous atleignons le haut de la mon-tagne avant que les Chaldeens s’y ras-semblent, ou nous nous y etablironsSans coup lerir, ou, du moinsf nousn’aurons affaire qu’ä une poignee defaibles ennemis. Il n’y a point d’en-treprise plus facile ni moins perilleusesi nous deployons une activite soute-nue. Courez donc aux armes. Vous,Medes, avancez par la gauche; qu’unemoitie de vous, Armeniens, prenne la
j droite, que l’autre moitie fasse l’avanl-j garde; vous, cavaliers, restez sur lesj derrieres, pour nous encourager et hä-i ter notre marcbe; ne souffrez point detraineurs. »
A peine eut-ii cesse de parier, qu’ilse mit ä la tele deses troupes formeesen colonnes. Les Chaldeens, voyantune armee qui marchail rapidementvers la montagne, donnerent aux leursle signal convenu, et se rassemblerenten s’appelant les uns les autres ä grandscris. Cyrus encourageait ses soldats :« Perses, entendez-vous? nos ennemisnous disent de nous bäter. Si nousga-gnons les premiers le sommet de lamontagne, tous leurs efforts devien-dront inuliles. » Or ces Chaldeens, or-dinairement armes d’un bouclier d’o-sier et de deux javelots, passent pourles plus beüiqueux de ces contrees:guerriers et pauvres (car le pays mon-tueux qu’ils babilent est generalementsterile), ils se meltent volontiers ä lasolde de quiconque a besoin de leursServices.
Lorsque les troupes de Cyrus appro-chaient de la cime de la montagne, Ti-grane, qui marchail a ses cötes, luidit : « Sais-tu, prince, qu’il nous fau-dra bientot combaltre? car les Arme-niens ne souliendront point le choc desChaldeens. — Je le sais, repondit Cy-rus; » en meme temps il encourageales Perses ä se preparer ä la poursuitede l’ennemi, des que les Armeniens,en fuyant, l’auraient altire pres d’eux.Les Armeniens continuerent ä monter.Les Chaldeens, les voyant approcher,fondenl sur eux ä grands cris, selonleur usage. Ceux-ci, ä leur ordinaire,tournent le dos. Les Chaldeens les pour-suivent; mais bientöt rencontrant lereste des troupes qui montaient verseux,lepee ä la main, quelques-uns qui s’e-taient trop avances sont tues ou faits