XßNOPHON.
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prisonniers, les aulres s’enfuient avecprecipilation : bientöt Cyrus fut maitredes hauleurs. Des qu’il y fut arrive, ildeeouvrit les maisons des Chaldeens,et remarqua que ceux qui etaient plusvoisins de la montagne les abandon-naient. Toules les troupes etant mon-tees, Cyrus leurordonnadediner. ApresJe repas, ayant observe que dans le lieufortifie ou les Chaldeens avaient placeleur corps-de-garde on avait de l’eauen abondance, il resolut d’y construireune forteresse. Tigrane eut ordre demanderäson perequ’ilse rendit promp-tement ä l’armee, avec tout ce qu’ilpourrait ramasser decharpentiers et dema^ons. Lecourrierpartit; Cyrus com-mentja l’ouvrage avec ce qu’il avait detravailleurs.
On lui anaena sur ces entrefaites plu-sieurs prisonniers, les uns enchaines,les autres blesses : il les voit, fait Ölerles chalnes aux premiers, et met lesblesses entre les mains des medecins,avec ordre de les soigner. Il dit ensuiteaux Chaldeens qu’il netait venu ni pourlesdetruire, ni pour satisfaireuneardeurguerriere, maisdans I’intention dela-blir une paix solide entre eux et les Ar-meniens. « Avant que je me fusseem-parede cesmonlagnes, ajouta-t-il, vousn’aviez, je le sais, nulle raison de desi-rer la paix; vos possessions etaient ensürete, et vous pouviez pilleret ravagercellesdes Armeniens. Yoyez maintenantvolle Situation. Prisonniers, je vousrends votre liberte; je vous permetsd’aller deliberer avec vos compatrioteset vous decider ou pour la guerre oupour notre alliance. Optez-vous pour laguerre, ne venez ici que bien armes. Sivous preferez la paix, venez sans armes;je ferai en sorte, si vous devenez nosamis, que vous ne vous trouviez pasmal de nolre amitie. » A ces mois, lesChaldeens lui donnerent de grands ölo-
ges, lui baiserent millefoisles mains,et retournerent dans leurs habitations.
Quand le roi d’Armenie eut regu lanouvelle de la victoire et l’ordre de serendre aupres de Cyrus, il partit avecleplus de diligence possible, amenantquantiteji’ouvriers munis de tous lesoulils necessaires. « Seigneur, dit - ilen abordant le prince, j’admire com-ment avec si peu de connaissances del’avenir nous osons, pauvres humains,former tant de projets. Lorsque je tra-vaillaisä recouvrer ma liberte, je suistombe dans une servitude encore plusdure; prisonnier, je croyais tout perdu,etmaconditiondevientplusbellequ’ellene le fut jainais. Les Chaldeens nousdesolaient par de continuels briganda-ges, et maintenant ils sont reduitsä le-tat oü je desirais les voir. Je te diräi,seigneur, quej’aurais donne beaucoupplus que tu n’as exige de moi,pouroblenir qu’ils fussent chasses de cesmontagnes. Par ce seul bienfait, tuviens d’acquitter les promesses que tunous fis en recevant notre argent; noust’avons meme de nou veiles obligations,que nous ne pouvons oublier sans rou-gir, si nous ne sommes pas les plus lä-ches des hommes. Au reste, quoi quenous fassions, notre reconnaissance nenous acquitlera jamais envers un telbienfaiteur. » Ainsi parla le roi d’Ar-menie.
Bienlöt les Chaldeens vinrent sup-pliev Cyrus de leur accorder la paix.« Quelle raison avez-vous de la desirer?n’est-ce pas l’esperance d’y trouver, äpresent que nous sommes maitres desmontagnes, plus de sürete que dans laguerre? — Oui, repondirent les Chal-deens. — Et si la paix, conlinua Cyrus,vous procurait encore d’autres avanta-ges? — Nous la trouverions encore plusagreable. — Ne vous regardez-vous pascomme pauvres uniquement ä cause de