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Tome premier.
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XfeNOPHON.

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et agiv de concert poui' facililer ma ne-gociation aupres de ce monarque? Jedesirerais etre plus vielte que je ne suis ,afin de pouvoir donner une bonne paieaux soldals qui la merilent, e( recom-penser honorablement ceux qui se dis-tinguent. Je voudrais me voir dans laplus grande opulence; et j’en sens lebesoin. J’aimerais pouvtant ä menagervos funds, cav je vous regarde contmemes amis ; ntais je recevrais volontieredes seeours du monarque indien s’ilconsenlail ä m’en fournir. L’ambassa-deur ä qui je vous propose de joindrede vos gens pour le guider dans saroute, et le seconder dans sa negocia-tion, dira de ma pari ä ce prince, enl’abordant: « Roi des Indes, Cyrus me« depöche vers toi, pour le representer« que l’argent lui manque. 11 attend« unenouvelle armeequi lui arrive de« Perse (je l’attends en eilet). II te« mande que si tu lui envoies selon ton« pouvoir, et que les dieux secondent« ses projets, il se conduira envers toi« de Sorte que tu croiras avoir travaille« pour tes propres interels en l’obli-« geant. » Voilä ce que dira mon arn-bassadeur; ebargez les vötres des in-structions que vous jugerez les plusutiles. Si nous reussissons, nous enserons plus ä notre aise : si ce roi nousrefuse, comrne alorsnous ne lui avonsaucune Obligation, nous pourronspren-dre ä son egard le parti le plus avan-tageux pour nous. » Cyrus tenuit cediscours, dans l’esperance que les am-bassadeurs armeniens et chaldeens par-leraient de lui cltez les Indiens, commeil souhaitait qu’on en parlät dans toutl’univers. La conversation epuisee, onsortit de la tente; et cliacun alla sereposer.

3. Le lendemain, Cyrus fit partir sonambassadeur, avec les instructions ne-cessattes, Le roi d’ArmSnie et les Chal-

deens deputerent ceux qu’ils c tu rem lesplus propres ä' le seconder, et ä donnerde Cyrus l’idee qu’on en devait avoir.Bientöt apres, la forteresse se trouvapourvue de munitions et de soldats; ilen donna le commandement ä celui desMedes dont il croyait le choix le plusagreable ä Cyaxare; puis il descenditdes montagnes, suivi des troupes qu’ilavait amenees de Medie, de celles duroi d’Armenie, et d’un corps d’envi-ron qualre mille Chaldeens, qui s’esli-maient les meilleurs guerriers de l’ar-mee. Quand il eut gagne les lieuxhabites, il n’y eut personne dans l’Ar-menie qui ne sortit de sa maison :hommes , femmes , tous accouraientau-devant de lui, se rejouissant de lapaix, apportanl, amenant ce qu’ilsavaient de plus precieux ä lui olfrir.Le roi d’Armenie ne fut point blessede cet empressement general ä rendrehommage ä Cyrus, qu'il jugeait endevoir etre Hatte. La reine elle-memeaccourut avec ses filles et le plus jeunede ses fds : eile apportait, avec diveispresens, l’or que Cyrus avait dejä refuse.Ce prince s’en elant apergu : « Non,leur dit-il, vous n’obliendrez pas demoi que je regoive dans mes expedi-tions un tel prix de mes bienfaits;vous, princcsse, retournez dans votrepalais, emportcz vos tresors, et ne souf-frez pas que votre rnari les enfouisse;employez-en une partie ä faire un ma-gnifique equipage de guerre pour votrefils; que le teste vous procure ä vous,a vos epoux, ä vos filles et ä vos autresfils, plus de jouissances, plus d’agre-mens, durant le cours de votre vie;car enfin on ne doit enterrer que lesmorls. » Il dit, et reprit sa route, ac-compagne du roi et de tous les Arme-niens, qui le conduisirent jusqu’ä laIronliere, en l’appelant saus cesse leurbienfaiteur, le meilleut' hommes.