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XtNOPHON.
val voit Pt entend des choses avant soncavalier, et qu’il l’en avertit. Inscrivez-moi donc au nombre de ceux qui de-sirent devenir cavaliers. — Et nousaussi, s’ecrierent les autres capilaines.— Puisque tel est, reprit Cyrus, levoeu general, pourquoi ne pas declarerpar une loi que ce sera desormais undeshonneur, pour lout Perse ä qui j’au-rai fourni un cheval, d’etre rencontreä pied, quelque peu de chemin qu’il aitä faire, afin qu’on nous prenne pourde vrais hippocentaures? Tousaccueil-lirent la proposition. De lä l’usage quis’observe encore chez les Perses, que lesplus distingues de la nation ne soientjamais vus marchanl ä pied, ä moinsqu’ils n’y soient contraints. Voiläce quisepassa dans l’assemblee.
4. Peu apres le milieu du jour, lescavaliers medes et hyrcaniens revin-rent, amenant avec eux des chevaux etquelques prisonniers : ils avaient laissela vie ä ceux qui avaient rendu les ar-mes. Lepremier soin de Cyrus, ä leurarrivee, fut de s’informer si personned’entre eux n’elait blesse. « Non , sei-gneur, repondirent-ils. » II leur de-manda ce qu’ils avaient fait. Ils lui enrendirent compte, en vantant chacunede leurs actions. Cyrus les ecoutait avecplaisir, et leur repondit par ce mot d’e-loge : « On voit que vous vous etescomportSs en braves gens, car vous avezl’air plusgrand, plus noble et plus fierqu’auparavant. » Ensuile il les ques-tionnasur le chemin qu’ils avaient fait,et sur la populalion du pays. 11s luidirent qu’ils en avaient parcouru unegrande etendue; qu’il etait tres-peuple,rempli de brebis, de chevres, oe boeufs,de chevaux, de ble et de denrees delouteespece. « Nousavons donc, repritCyrus, deux choses ä faire : subjuguerles possesseurs de tous ces biens, et lesobliger ä rester chez eux. Un pays peu-
ple est une possession de grand prix; ilperd toute sa valeur s’il est abandonn6de ses habitans. Vous avez lue, je lesais, ceux des ennemis qui ont tentö dese defendre. Vous avez bien fait-, c’estle moyen d’assurer la victoire. Vousavez pris ceux qui ont misbas les armes;mais je crois qu’il nous serait avanta-geux de les relächer. Par-lä, nous nousdelivrerons du soin de nous garderd’eux, de les garder eux-mfimes, de lesnourrir, notre intention n’etant pas deles faire mourir de faim. En les ren-voyant, nous augmenterons le nombredes prisonniers; carsi nous nousempa-rons du pays, tous les habitans serontä nous ; et quand ils verront que nousavons donne la vie et la liberte ä leurscamarades, ils aimeront mieux resteret obeir que d’eprouver le sort des ar-mes. Voilä mon avis : si quelqu’un ena un meilleur ä proposer, qu’il parle.»
L’avis etant unanimement adopte,Cyrus fit assembler les prisonniers etleurdit : « Votre soumission vous a sauvela vie; si vous vous conduisez de memeä l’avenir, il ne vous arrivera rien defächeux, vous n’aurez fait que changerde maitres. Vous habiterez les memesmaisons, vous culliverez les mßmeschamps, vous vivrez avec les memesfemmes, vous aurez la meme autoritesur vos enfans. Seulement, vous neferez plus la guerre ni ä nous, ni ä au-cun autre peuple; si vous etes insultfe,nous combatlrons pour vous. Afin memeque vous ne puissiez etre forces ä pren-dre les armes, remettez-nous cellesquevous avez. Quiconque les apporterajouira en pleine securite de la paix etdes autres biens dont je parle; au lieuque nous tournerons nos forces contreceux qui ne livreront pas leurs armes.Si quelqu’un se donne ä nous d’assezbon coeur pour chercher ä devenir utilepar ses actions ou parsesconseils, nous