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LA CVROPtDIE
chasser. Mon fils croyait et re avcc unami. Un ours parut: tous deux le pour-suivirent; le prince lance son dacd eile manque. Plftt aux dieux qu'il nel’eüt pas manque! Mon fils, qui auraitdü 6tre moins adroit, lance le sien,abat Vanimal. Le prince, pique, dissi-mule sa jalousie. Un inslani apres, onrencontre un lion; le prince le manquepareillemenl, ce qui n’est pasextraor-dinaire ä la chasse. Mon fils, d’uncoup, lielas! trop heureux, renverse lelion, et s’ecrie : « De la meine main«j’ai lance deux dards; tous les deux« ont porte. » A ces mols, le traitre,ne contenant plus sa fureur jalouse ,arrache un javelot des mains de quei-qu’un de sa suite, el l’enfon(,'ant danslesein de mon fds, de mon eher fds,de mon fds unique, il lui öle la vie.M&lheureux pure! au Heu d’un jeuneepoux, je revis un cadavre; et moi,vitillard, je mis dans le tombeau lemeilleur, le plus ahne des fils, donl lesjoues etaient ä peine ombragees d’unleger duvet. On eut dit queson assassinselait defail d’un ennemi: il ne lemoi-gna nul repemir, ne rendit, en expia-tion de son borrible fovlait, aucuu hon-neur ä la memoire du mort. Son pereme plaigidt et se montra sensible ä madouleur. S’il vivait encore, vous ne meverriez pas implorer volre secourscon-trelui: j’en avais repu autantde temoi-gnages de bonle que je lui avais dünnede preuves d’attacheinent. Mais puis-jeconserver les meines sentimens pourl’assassin de mon fils, qui regne ä pre-sent? et lui-mötne me regardera-l-ilcornme son ami ? II sail quels sont messentimens envers lui, cju’avant son !crime je vivais heureux, et que main-tenant, prive de mon fils, je trainedans les larmes une douloureuse vieil-lesse. Oui, seigneur, si vous me reee-vez iansvotrealliance, el que vous me
. - LIV. IV.
donniez quelque esperance devengerlamort de ce fds cheri, je croirai renaitre;je vivrai sans honte et mourrai sansregret. »
Cyrus repondit a Gobryas : « Si vo-tre coeur ne dement point ce que vousvenez de di re, je regois volontiers volrepriere; je vous promets qu’avec l’aidedes dieux je chätierai l’assassin de vo-lre fils. Mais si nous vous accordons ceque vous demandez , el que nous vouslaissions vos forteresses, vos terres, vosarmes, et l’autorite que vous avez exer-cee jusqu’a present, que ferez-vous[lournous?— A volre premier ordre,dit Gobryas, je vous livrerai mes chä-teaux; je vous paycrai pour mes terresle meme tribut que je payais au roi d’As-syrie. Lorsque vous serez en guerre,je vous accompagnerai avec toutes lesforees de mon pays. l’ai de plus unefille nubile, que j’aime tendrement;j’esperais, en l’elevant, la voir unjourl’epouse du prince regnanl: elle-meme,seigneur, est venue, fondant en larmes,mesupplier de ne pas la livrer au meur-Irier de son freie. Eh! que j’en etaiseloigne! Je la remels entre vos mains;ayez pour eile les meines sentimensque vous me voyez dejä pour vous. —A ces condilions, reprit Cyrus, en luitendant la main et prenanl la sienne, jevous donne ma foi, je refois la vötre;que les dieux en soient temoins! » Geiraite conclu, i l le pressa de s’en retour-ner avee ses armes, et lui demanda äquelle disiance etait la forleresse oü ilse proposait d’aller. « En partant de-main de grand matin, repondit Go-bryas , le jour suivant vous passerez lanuit avec nous. » Sur cela, Gobryas serctira, en laissant un guide.
Les Medes elaieni revenus joindreCyrus, apres avoir delivre pour .iesdieux ce que les mages avaient ci.x-| lnömes demande. 11s avaient mis a pari