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Tome premier.
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XfcNOPHON.

pour Cyrus une tente magnifique, unefemme susienne qu’on eslimait la plusbelle de loute l’Asie, et deux musi-ciennes renommees. Ce qu’ils avaientensuile trouve de plus precieux avaitete choisi pour Cyaxare; puis, commeils avaient en abondance des effets detoute espece, ils s’etaient largementpourvus de ceux dont ils avaient leplus besoin, afin de n’cn point man-quer pendant la Campagne. Les Ilyr-caniens prirent ce qu’ils desiraient; etl’envoye de Cyaxare fut admis ä par-tager egalemenl. Enfin, les tentes quirestaient furent donnees ä Cyrus, pourl’usage des Perses. Quant ä l’argentmonnaye, on convint de le distribuerlorsque le tout serait recueilli; ce quis’executa.

Celte Operation finie, Cyrus ordonnaque le butin destine pour Cyaxare fütconfiö ä la garde de ceux qu’il savait luietre particulierement attaches : quantaux presens qu’on lui reservait, il de-clara qu’il les acceptait de bon coeur,mais qu’ils resteraient ä la dispositionde quiconque en aurait besoin. « Sei-gneur, dit un Mede passionne pour lamusique, hier au soir j’entendischan-ter vos deux musiciennes; eiles m’onlfait un plaisir inlini; si vous m’endonniez une, le sejour du camp meserait beaucoup plus agreable que celuide ma maison. — Je vous la donne,r6pondit Cyrus, et je vous suis plusoblige de me l’avoir demandee, quevous ne l’fetes de l’avoir oblenue, (autj’ai ä coeur de vous complaire. » LeMode prit la musicienne et l’emmena.

LIVRE CINQUIEME.

Cyrus fit appeler le Mede Araspe,son intime ami des l’cnfance; c’elailcelui ö qui il avait donne sa robe me-

dique, quand il quitta la cour d’Äs-lyage pour retourner en Perse; il lemandait pour lui confier la femme etla lente. Cette femme etait l’epoused’Abradate, roi de la Susiane. Dans letemps oü l’on s’empara du camp desAssyriens, Abradate n’y etait point:le roi d’Assyrie, lui connaissant desliaisons d’hospitalite avec le roi de laBactriane, l’avait depute vers ceprince,pour solliciter son alliance. Cyrus char-gea donc Araspe de garder la princesse,jusqu’ä ce qu’il la redemandät.

« Seigneur, lui dit Araspe sur cetordre, as-tu vu la femme que tu confiesä ma garde? — Non, » repondil Cyrus.« Et moi je l’ai vue, lorsque nous lachoisissions pour toi. En enlrant danssa tente, nous ne la distinguämes pasd’abord : eile etait assise ä terre, en-touree de ses femmes, et velue commeelles. Maisensuite, lorsque voulanlsa-voir laquelle etait la maitresse, nous leseümes regardees toutes avec attention,quoiqu’elle filt assise, couverte d’unvoile et les veux baisses, nous remar-quämes une grande dilference enlre eileet les autres. Nous la priämcs de se le-ver. Ses femmes se leverenl en meinetemps. Elle les surpassait toutes par saStatute et l’eleganee de sa tadle, et parles gräces qui brillaient en eile, quoi-qu’elle füt simplement velue. Sa robeetait baignee de ses larmes, qui cou-laient jusqu’ä ses pieds. Alors le plusäge d’entre nous lui adressant la pa-role : « Rassurez - vous, princesse, la« renommee nous apprend que votre« epoux est doue de grandes qualites;« sachez neanmoins que celui ä qui« nous vous destinons ne lui cede ni« en beaute, ni en esprit, ni en puis-« sance. Oui, si quelqu’un est digne« d’admiration, c’est, selon nous, Cy-« rus, ä qui vous appartiendrez desor-« mais. »