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Tome premier.
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xiSnophon.

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et qu’elle m’ait paru tres-bclle , je n’ensuis pas moins ici ä cheval pres de toi;je n’en remplis pas moins tous mesautrcs devoirs.

« Cela est vrai; pcut-elre l’as-tuquittee trop töt, et avant le temps qu’ilfaul ä l’amour pour prendre un liommcdans ses filels. Pour moi, quoiqu’on nese brüle pas ä l’instant pour loucher lefeu, que le bois nc s’enflamme pastout-ä-coup, je ne m’expose ncamnoinsni ä (ouchcr le feu , ni ä regarder unebelle personnc. Je ne te conseilleraispas, Araspe, dedonner plus de libcrteä tes regards : car le feu ne brüle quepar le conlacl, tandis que la beaule en-flamme de loin ceux qui la rcgardent.

— Rassure toi, Cyrus; quand je ne ces-serais de conlempler la belle captive,jamais je ne serai subjugue au point derien faire qu’on puisse me reprocher.

— Soil : garde-la donc comme je tel’ai recommande; prends-en soin. Dansla suite il nous sera peut-ötre utile del’avoir en notre puissance. »

Apres cette conversalion , ils se sepa-rerenl. Le jeune Mede voyait dans laSusienne la plus belle des femmes ; ildecouvrait en eile d’excellentes quali-tes. Il remarquait que s’il avait du plai-sir ä lui rendre des soins eile ne lesrecevait pas avec iudifference; qu’elle-müme lui en rendait ä son tour; quequand il entrait dans sa tente , des es-claves , par l’ordre de leur maitresse ,prüvenaient ses besoins; que s’il «Mailmalade, rien ne lui manquait. Cescirconstances reunies produisirent cequi devait naturellement arriver :Araspe fut pris par l’amour.

Cependant Cyrus, qui souhaitait queles Müdes et les autres allies restassentvolontairement dans son parli, eonvo-qua les principaux d’cntre eux, et leurpaila en ces lermes : « Medes, et vousalliüs ici presens, je sais que ce ne fut

ni l’amour de l’argenl, ni l’envie deservir Cyaxare qui vous rassembla sousmes drapeaux; c’esl paratlachementetpar cstime pour moi que vous avezvoulu parlager avec nous les faligueset les dangers d’une marche de nuit. Jene pourrais, sans injustice, me dispen-ser de la reconnaissance que je vousdois ; malheureusement je ne suis pasencore en etal de vous la temoignercomme vous le merilez. Je ne rougispas de l’avouer : mais je rougiraisd’a-jouter que si vous demeurez avec moije saurai bien m’acquitter. Je craindraisde paraitre ne vous faire cette promesseque pour vous determinerä resterplusvolonliers. Je me bornerai ä vous direque, dans le cas oü vous me quitteriezpour obeir a Cyaxare, je me compor-terai, si j’obtiens quelque succes, demaniere ä ce que vous ayez ä vous louerde ma gralitude ; car Cyrus ne s’en re-lournera pas. Je suis lie aux Hyrca-niens par la foi du serment; j’y seraifidele, et ne m’exposerai jamais au re-proche de les avoir traliis. D’ailleurs,je ferai en sorte que Gobryas, qui nouslivre ses forteresses, ses domaines, sestroupes, ne se repente point d’avoirrecherche notre amitie. lin motif pluspuissant encore me retient ici : je mecouvrirais de honte, et je craindraisd’offenser les dieux si, par unecrainteimprudente, j’abaudonnais les bienssi-gnalesqu’ils nous donnent. Je suis dü*teimine ä rester. Faites ce qu’il vousplaira : diles-moi seulement quel partivous prenez. »

Ainsi parla Cyrus. Le Mede, qui au-trcfois s’elait dit son parent, lui repon-dit le prernier : « Seigneur roi, acceptece lilre, parce qu’il me sernble que lanature ne t’a pas moins fait pour ölteroi que le chef des abeilles, qui naltdans une ruche, pour les gouverner.Les abeilles lui obeissentconstammenl