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Tome premier.
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XiA CYROPßDIE. — LIV. - V. 683

et volontiere : s’il demeure dans la ru-clie, aucune ne s’eloigne; s’il en sort,toutes l’accompagnent: tant elles sontattachees ä ses lois! Les hommes que tuvois, seigneur, sont retenus aupres detoi par le mömealtrait. Quand tu aliasde Medie en Perse, quel Mede, jeuneou vieux, cliercha des pretextes pourne pas l’accoinpagner, jusqu’au mo-ment oü Astyage nous vappela ? Lors-que ensuite tu es revenu de la Perse änolre secours, nous avons vu presquetous tes arais empresses ä te suivre.Quand tu as entrepris ceae derniere ex-pedilion, tous les Medes, de leur pro-pre mouvement, se sont joinls ä toi.Tels sont aujourd’hui nos seniimens,qu’en quelque lieu que nous soyonsavec toi, meme en pays ennemi, nousnous croyons en sürete, et que sans toinous craindrions mßme de retournerdans nolre patrie. Que les autres deela-rent leurs intentions; pour moi, sei-gneur, et ceux que je commande, nousresterons pres de toi: ta presence nousfera tout supporter; tes bienfaits anime-ront nolre courage. »

Tigrane alors prenant la parole : « Nesois pas surpris, Cyrus, si je garde lesilence ; je ne suis point ici pour deli-b6rer, mais pour executer tes ordres.— Medes, dit ensuite le prince d’Hyr-canie, si vous parliez, je vous croiraispousses par un genie malfaisanl, en-nemi de votre bonheur. Quelhomme,s’il n’est depourvu de sens, lourneraitle dos ä des ennemis en fuite? Qui re-fuserait, ou leurs armes quand ils leslivrent, ou leurs fortunes et leurs per-sonnes lorsqu’ils les abandonnent, sur-tout ayant un general comme le nötre,qui, j’en prends les dieux ä temoin,trouve plus de plaisir ä nous faire du-bien qua grossir son tresor? » A cesmots, tous les Medes s’ecrierent: « Gesttoi, Cyrus, qui nous as fait sortir de

nolre patrie; c’est avec toi que nous yrentrerons quand tu le jugeras ä pro-pos. » Cyrus altendri fit ä l’instantcette priere : « Grand Jupiter, accorde-moi, je fen conjure, de surpasser parmes bienfaits leur gönereux attache-ment! » Ensuite il leur dit qu’ils pou-vaient demcurer tranquilles, quand ilsauraient pose les senlinelles; et il en-joignit aux Perses de donner les meil-leures tentes aux cavaliers, les autresaux fantassins; de plus, d’obliger lesvalels ä preparer chaque jour le neces-saire aux soldals, ä le porter aux diffe-rentes compagnies, et ä mener aux ca-valiers leschevaux tout panses, en Sorteque les Perses n’eussent ä s’occuper quede la guerre.

2. Ces details remplirent la journee.Le lendemain matin, l’armee se mit enmarche pour joindre Gobryas. Cyrusetait ä cheval avec les cavaliers perses aunombre d’environ deux mille, suivisd’autant de gens ä pied, qui portaientleurs boucliers et leurs epees. Le restedes troupes suivait en bon ordre. Cyruscbargea les cavaliers d’averlir les fan-tassins, nouvellemenl attaches ä leurService, que l’on punirait quiconqued’enlre eux serait surpris borsdesrangs,soit au-delä de l’arriere-garde, soit enavant sur le front de l’armee ou sur lescöles.

Le jour suivant, vers le soir, on ar-rive au chäteau de Gobryas. On trouveune place tres-forte, et les remparts gar-nis de toutes les machines propres ä re-pousser les altaques de l’ennemi ; der-riere ces ouvrages exterieurs elaientrassembles quantite de boeufs et cl’autrebetail. Gobryas fit prier Cyrus de visiterä cheval les dehors du chäteau, pourexaminer s’il y avait quelque endroitfaible, et de lui envoyer des hommesdeconfiance qui pussent, ä leur retour,lui rendre compte de l’etat de l’intö-