XÄNOPIION.
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vieur. Cyrus voulant s’assurer si la placeetait veritablement imprenable, et siGobrvas ne le trompait pas, en fit letour. II remarqua qu’elle etait si bienforlifiee de loutes parts que l’acces endevenait impossible. Ceux qui avaientete envoyes ä Gobryas rapporterent queies munitions y etaient en une teileabondance, qu’ä leur avis eiles sufti-raient pour nourrir un siede entier ceuxqui l’habitaient. Ce rapportcausait quel-que inquietude ä Cyrus, lorsque Go-bryas vint ä lui, accompagne de tousceux qui etaient dans le chäteau, lesuns charges de vin, de farines, d’orgeet de ble, les autres amenant des bceufs,des chevres, des brebis, des cochons.En un mol, ilsapportaienl de quoi don-nerä l’armee un souper splendide. Lesgens charges de faire cuire les viandesse mirent ä lescouper, et preparerentlerepas.
Gobryas, ayant fait sorlir tout lemonde du chäteau, invita Cyrus ä y en-trer avec les precautions qu’il jugeraitnecessaires. Le prince, precede d’uncorps de troupes et d’emissaires chargesde visiter les lieux, s’approche de laplace. Bientöt les portes sont ouverles ;il entre, il invite tous ses amis et lesprincipaux chefs ä le suivre.
Lorsqu’ils furent rassembles, Go-bryas apporta des coupes d’or, des ai-guieres, des vases, des bijoux, avecquanlite de dariques et d ’effets precieux;puis il amena sa fdle, qui joignait ä labeaute du visage une taille majestueuse.Elle parut en habits de deuil, ä cause dela mort de son frere. « Seigneur, ditGobryas, je le fais don de toules cesrichesses, et je mets ma fille entre lesmains : tu en disposeras ä ton gre. Maisnous le supplions, moi, de venger monfils; eile de venger son freie. — Der-nierement je le promis d’employer toutmon pouvoir ä te venger si tu ne me
trompais pas; comme je vois que tum’as dit vrai, regois ma parole; je faisla mäme promesse ä ta fille, et je latiendrai avec la protection des dieux.J’accepte les presens, mais pour les ren«dre ä ta fille et ä celui qui sera sonepoux. Je n’emporterai d’ici qu’un seulde tes dons; avec celui - lä je partiraiplus contenl que si tu m’avais donneles immenses richesses renfermees dansBabylone, memedans l’univers. »Gobryas , etonne de ce discours, etsoupgonnant qu’il voulait parier de safille, lui demanda quel etait ce don siprecieux. « Je ne doute pas, Gobryas,repondit le prince, qu’il n’y ait beau-coup de gens au monde qui ne vou-draient nicommeltre une injustice.nise parjurer, ni mentir de propos deli-berö; cependant, parce que personnene leur a confie ni un depöt considera-ble d’argent, ni le gouvernement d’unelat, ni la defense d’une place, ni lagarde de ses enfans, ils meurent sansavoir montre de quoi ils etaient capa-bles. Mais toi, en remettant entre mesmains des biens de toute espece, deschäteaux fortifies, tes troupes, une fille,digne objet de tous les voeux, tu mefournis le moyen d’apprendrc ä l’uni-vers que Cyrus n’est point parjure en-vers ses hötes; que l’amour des riches-ses ne le rend point injuste ; qu’il nemanque point ä la foi juree. C’est lä,Gobryas, sois-en sür, ce don qui exci-tera toujours ma reconnaissance, tantque je serai juste et jaloux de meriter leseloges qui m’ont ete jusqu’ici donnesäce titre. Puisse-je te combler ä mon tourde biens et d’honneurs! Quant ä la fille,ne crains point de ne pas rencontrer unmari digne d’elle : j’ai plusieurs bravesamis. Celui d’enlre eux qu’elle aurapour epoux sera-t-il plus ou moins •riche qu’elle, je l’ignore; mais Sachequ’il en est parmi eux pour qui les