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Tome premier.
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LA CYKOPfiME. — LIV. V.

t’amener leurs chevaux, c’est unique-ment parce que Ion armec a paru peu con-siderable ä ceux qui l’ont vue, et que lebruits’en est repandu dans le pays. Enconsequcnce, j’eslime que nous devons,dans notre marche, etre toujours surnos gardes. »

Quand Gobryas eut cesse de parier:

« Tuas bien raison, lui repondilCyrus,d’insister sur la necessite de rendre no-tre marche la plussüre possible. Pourmoi, en y reflechissant, je n’imaginepasdemeilleurmoyen qued’allev droitäBabylone, puisque c’est lü que les As-syriens ont rassemble leurs principalesforces. Tu prelends, toi, qu’ils sontnombreux, et moi j’ajoute qu’ils serontreduutables, s’ils joignent le courage äl’avantage du nombrc. S’ils ne nousvoient pas et qu’ils soupconnent que lapeur nous empeche de nous montrer,sois sur que des lors, delivres de toulecrainte, ils deviendront d’autant plushardis qu’ils auront eie plus long-lempssans nous voir. Si, au contraire, de ceraomcnt nous marchons ä eux, nousles trouverons, les uns pleuranl la mortde leurs camarades tombes sous noscoups, les autres embarrasses des ban-dages 'de leurs lilessures, tous encorepleins du Souvenir de notre bravoure,de leur fuite et de leur inforlune. Uneautve consideration encore, Gobryas,c’est qu’une troupe intrepide est capa-ble d’efforts auxquels rien ne resisle;maissi la frayeur s’en cmpare, plus eileest nombreuse, plus l’epouvante ycause de trouble et de desordre. Lesmauvaises nouvelles qui se repandent,les incidens lächeux qui surviennent, lapäleur, le decouragement peint sur lesdsages, tout accroit la lerreur. DansUne teile crise, il n’cst aise ni de cal-taer avec de helles paroles, ni de per-suadcr de retournei' au combat, ni deranimcr le courage par uue honorable

retraile: plus les exhortations sont vi-\es, plus le danger parait pressant.

« Examinons ton objeclion danstoute sa force. Si desormais la multiludedoil decider de la victoive, tu crainsa\ec raison; nous sommes en peril.Mais si le succes des batailles dependencore, commenous l’avons eprouve,de la valeur des troupes, marche avecassurance; avec la protection des dieux,tu (rouveras parmi nous plus de soldatsde bonue volonte que parmi nos en-nemis.

« Afin que tu aies un nouveau motifde confiance, considere qu’ils sont au-jourd’hui beaucoup moins qu’ils n’6-laient quand nous les defimes, beau-eoup moins encore qu’ils netaientquand ils s’enfuirent de leur camp; aulieu que nous, nous sommes plusgrands en qualile de vainqueurs, plusforls puisque la forlune nous favorise,plus nombreux par la jonction de testroupes aUX nölres : car ne fais pas äles gens l’injure de les compter pourpeu depuis qu’ils sont avec nous. Go-bryas, dans une armee victorieuse,tout, jusqu’aux valets, suit avec ar-deur. Songe d’ailleurs que les ennemispouvent, des ä present, nous decou-vrir, et que jamais nous ne leur parai-trons plus redoutables qu’en les allantchercher. Voilä mon avis : conduis-nousdonc droit ä Babylone. »

5. Apres quatre jours de marche,l’armee arriva aux extremites des etatsde Gobryas. Aussitöt quelle fut entrGedans le pays ennenii, Cyrus fit fairehalte, et demeura en balaille ä la tötede l'infanterie et d’une troupe de cava-lerie qu’il jugea süffisante pour ses des-scins. Il envoya le teste ballre la cam-pngne, avec ordre de se defaire de toutce qu’on rencontrerait d’ennemis ar-mes, et de lui amener les autres avec lebetail qu’on prendrait. Ilcommunda a