XÄNOPHON.
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les empechez de cultiver leurs champs,devait ajouler le heraut, vous nefereztort qu’ä un petit nombre d’hommes,car les terres de mes nouveaux alliessont peu ötendues; au lieu que je lais-serais aux vötres la culture de vastescampagnes. La recolte des fruits, si laguerre continue , sera le parlage duplus fort : eile vous appartiendra, sinous faisons la paix. Dans le cas oüquelques-uns violeraient le traite, enprenant les armes, les miens conlrevous, les vötres contre moi, nous nousunirons pour les punir. » Le herautpartit avec cette instruclion.
Les Assyriens, informes des propo-sitions de Cyrus, firent tout pour enga-ger leur roi ä les accepter, comme unmoyen de diminuer les maux de laguerre. Le roi, soit ä la persuasion deses sujets, soit de son propre mouve-ment, consentit au traite : il fut doncconvenu qu’il y aurait paix pour lescultivateurs, guerre enlre gens armes.Malgre cet accord en faveur des labou-reurs, Cyrus, en offrant ä ses allies sü-rete dans leurs päturages, leur permit,afm qu’ils conlinuassent plus volon-tiers la Campagne, de devaster les terresdes peuples non compris dans le traite.En eilet, en s’abstenant du pillage onn’en est pas plus ä l’abri du danger;tandis que la fatigue parait plus legereen vivant aux depens de l’ennemi.
Pendant que Cyrus se preparait äpartir, Gadatas vint lui offrir de nou-veaux presens, donl la profusion et lavariete prouvaient son opulence; entreaulres, quanlile de chevaux qu’il avaitötes ä ses cavaliers, n’osant plus se fierä eux depuis l’embuscade. « Seigneur,dit-il en abordant Cyrus, dispose desä present de toutes ces choses comme ilte plaira : ce qui me reste n’est pasmoins ä toi. Il n’esl point nö et jamaisil ne nailra de moi d’enfans ä qui je
puisse laisser mon heritage; il fautqu’avec moi perissent et ma race etmon nom. Cependant, Cyrus, j’en at-teste les dieux, qui voient et entendenttout, je n’ai jamais merite, par aucuneaction injuste, ni par aucune parolereprehensible, le traitement que j’aisubi. » En pronongant ces mots, ilpleurait sur son sort; les larmes ne luipermirent pas d’en dire davantage.
Cyrus, touche de l’action de Gadatas,plaignij son infortune, et lui repondil:« J’accepte tes chevaux, et je crois tebien servir en les donnant ä des gensmieux intentionnes pour toi que ceuxqui les montaient. Jevais, ainsi que jele desirais depuis long-temps, porter ädix mille hommes le corps de cavalerieperse. Remporte tes autres biens, etgarde-les jusqu’ä ce que tu me voies as-sez riche pour ne te pas ceder en gene-rosite : je serais honteux si tu m’avaisplus donne que tu n’aurais regu de moi.— Seigneur, reprit Gadatas, je sens tadelicatesse; mais c’est un döpöt que jete confie : juge loi-meme si je suis enelat de le conserver. Tant que nousvi-vions en bonne intelligence avec le roid’Assyrie, on ne connaissait point desejour plus agreable que le domaine demon pere : le voisinage de l’immenseBabylone nous procurait touslesavan-tages d’une grande ville, et nous pou-vions en eviter les incommodites, ennous retirant chez nous. Aujourd’huique nous sommes ennemis, il est cer-tain qu’aussitöt que tu seras eloignü,nous resterons en butte aux pieges desAssyriens, moi et tous ceux qui m’ap-partiennent. Ainsi je m’attends ä menerdösormais une vie miserable, ayantpour ennemis des voisins que je verraiplus puissans que nous. Tu me deman-deras peut-elre pourquoi je n’ai pas faitces reflexions avant de changer de parti.Outrage, indigne, pouvais-je conside-