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CVROPÄDIE. — LTV. VI.
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prix; je dis, moi, qu’il vaut mieuxrenvoyer I’armee de son plein gre qued’y 6tre contraints par la necessite. Sidonc nous nous determinons ä resterarmes, je crois que nous devons noushäter de prendre aux ennemis aulantde forteresses qu’il sera possible, et d’enconstruire nous-memes de nouvelles.Cela fait, I’abondance sera pour ceuxqui auront su s’emparer de plus desubsistances et en remplir leurs maga-sins; et la disette, pour celui des deuxpartis qui manquera de places fortes.A present, nous ressemblons parfaite-ment ä des navigateurs; ils voguentsans cesse, et ce qu’ils viennent deparcourir n’est pas plus ä eux que cequ’ils n’ont pas parcouru. Mais quandnous aurons des places fortes, la con-tröe se ddclarera contre l’ennemi, etnous jouirons plus tranquillement dufruit de nos conquetes.
« Que ceux d’entre vous qui crain-draient d’elre envoyes en garnison loinde leur pays n’aient pas d’inquidtude :nous autres Perses, qui somrnes dejäloin de notre patrie, nous nous char-gerons de la garde des lieux les plusvoisins de l’ennemi. Pour vous, defen-dez et cultivez les cantons de l’Assyrie,limitrophes de vos habitalions. Si nousreussissons ä defendre ceux qui avoi-sinent l’ennemi, vous qui en 6tes äune si grande distance, vous vivrezdans une paix profonde; car les Assy-riens , je crois, ne fermeront pas lesyeux sur des perils prochains, pouraller au loin vous attaquer. »
Aussilöt qu’il eut cesse de parier,tous les chefs, et Cyaxare lui-meme,declarerent, en se levant, qu’ils etaientpröts ä executer ce qu’il proposait. Ga-datas et Gobryas dirent aussitöt que siles allies y consentaient, ils bätiraientchacun une forteresse, qui servirait äla defense commune. Cyrus, voyant
que tous entraient avec ardeur dans sesvues, reprit ainsi : « Puisque nous pa-raissons avoir ä coeur de faire tout ceque nous jugeons necessaire, preparonsau plus löt des machines pour battre enruine les murailles des ennemis, et assu-rons-nous d’ouvriers pour construirede fortes tours Cyaxare promit unemachine, qu’il se chargeait de faireconstruire. Gadatas et Gobryas s’enga-gerent ä en donner une en commun;Tigrane pril le möme engagement; Cy-rus dit qu’il tächeraitd’en fournirdeux.Ces rcsolutions prises, on chercha desouvriers, on rassembla les materiauxnecessaires ä la construction des ma-chines; et l’inspection de ces ouvragesfut confiee ä des personnes en qui l’onreconnut le plus de capacite.
Cyrus, prevoyant que ces travauxemporteraient beaucoup de temps,mena camper son armee dans le lieuqu’il estima le plus sain et le plus com-mode pour le transporl des choses donton aurait besoin. II entoura les endroitsfaibles d’un si bon retranchement, queles troupes qui se suceederaient ä lagarde du camp fussent ä l’abri del’insulte, lors meme qu’elles se trou-veraienl separees du gros de l’armee.De plus, il s’informait, aux gens quiconnaissaient le pays, de quel cöte lessoldats pourraient faire le plus de butin;lui-möme il les y menail, tant pour leurprocurer des vivres en abondance quepour les rendre plus sains, plus vigou-reux par la fatigue de ces courses, etpour les enlrelenir dans l’habitude degarder leurs rangs en marchant.
Pendant que Cyrus se livrait ä cesoccupations, on appril, par les trans-fuges et par les prisonniers babylo-niens, que le roi d’Assyrie etait alleen Lydie, emportant avec lui quantiled’or, d’argent, de richesses et de bijouxprecieux. Les simples soldats conjectu-
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