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Tome premier.
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xiNornoN.

rerent qu’eflrayd de leur approclie, iltransporlait ses tresors en lieu sür :mais Cyrus, bien convaincu qu’il n’en-treprenait ce voyage que pour lui susci-ter, s’il pouvait, de nouveaux enne-mis, fit les preparatifs necessaires pourune seconde bataille. II completa d’a-bord la cavalerie perse, avec les che-vaux des prisonniers et avec ceux quelui donnaient ses amis ; car il recevaitvolontiers ces sortes de presens, et qui-conque lui offrait un cbeval ou unebelle armure etait sür de nelre pasrefuse.

Il se procura des chariots, tant parmiceux pris sur l’ennemi que par d’au-tres voies; mais il abolit I’usage deschars, tels qu’etaient jadis ceux desTroyens, et leis que sont encore ceuxdes Cyreneens. Jusque-Iä les Riedes, lesSyriens, les Arabes et tous les peuplesasiatiques n’en avaient point d’autres.Comme ils etaient montes par les plusbraves, Cyrus avait remarque que desgens qui etaient l’elile de l’armee neservaient qu’ä escarmoucher, et contri-buaient peu au gain de la bataille.D’ailleurs, trois Cents cbars pour troisCents combattans exigeaient douze Centschevaux et trois cents cochers, choisisentre ceux qui meritaient le plus de con-fiance; encore ces trois Cents hommesne causaient aucun dommage ä l’en-nemi. Cyrus, en abolissant l’usage deces chars, en fit conslruire d’une formenouvelle pl us con venable pou r la guerre.Les roues en etaient fortes, par-lä moinssujetles ä se briser; l’essieu long, carce qui a de l’elendue est moins sujetä renverser. Le siege, d’un bois epais,s’elevail en forme de tour, mais ne cou-vrail le cocher que jusqu’ä la hauteurdu coude, afin qu’il eüt la facilile deconduire ses chevaux; chaque cocher,arme de toutes pieces, n’avait que lesyeux decouvet ts. Aux deux bouts de

l’essieu etaient placees deux faux defer, longues d’environ deux coudees.etdeux autres par-dessous, dont la pointe,tournee conlre terre, devait percer ätravers les bataiilons ennemis. Cettenouvelle construction, dont Cyrus tutl’inventeur, est encore en usage dansles pays soumis au roi de Perse. Il avaitde plus quantile de chameaux, qui luivenaient, les uns de ses amis, les au-tres des captures failes sur les Assy-riens.

Au milieu de ces preparatifs, Cyrus,jugeant ä propos d’envoyer quelqu’unen Lydie, et d’apprendre ce que faisaitle roi d’Assyrie, Araspe, Charge de lagarde de la belle prisonniere, lui parutpropre ä cette Commission. Voici quelleetait son aventure : Araspe, eperdu-ment amoureux de sa captive, avait etecontraint de lui ouvrir son cceur; labelle Susienne, fidele a son mari qu’elleaimait quoique absent, ne l’avait pointdcoute; cependant, pour ne pasdiviserdeux amis, eile ne voulait point por-ter ses plaintes ä Cyrus. Araspe, quid’abord s’elait Hatte du succes, se voyanttrompe dans son altente, la menagad’emporler de force ce qu’elle refusaitä ses prieres. La captive, craignantquelque violence, ne lient plus l’affairesecrete, envoie un eunuque ä Cyrus,avec ordre de lui declarer lout. Cyrusne put s’empecher de rire de la defaitede cet homme qui se vantait d’elre plusfort que l’amour; et ä l’instant memeil lui envoie Artabase avec l’eunuque,pour lui dire qu’une femme de ce rangdevait etre ä l’abri de la violence, maisqu’il ne lui interdisait pas la persua-sion. Artabase, en abordant Araspe,le traila durement, lui represenlantquecette princesse etait un depöt sacrd, luireprochant son injustice, son inconti-ncnce, son impiete. Araspe,.penetre dedouleur, fondant en larmes et couvert