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Tome premier.
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XfiNOPHON.

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oü ils elaient, et de l’instriiire de cequ’ilsobserveraient de nouveau : puis ilchargea un escadron de cavalerie des’avancer dans la plaine, pour fairequelques prisonnlers qui donneraientdes instructions plus süres.

Pendant que cesordres s’executaient,il fit faire halle ä son armee, afin queles soldals eussent le loisir de tout pre-parer avant de s’approcher de 1’ennemi.Il leur enjoignit d’abord de diner, dereprendre ensuite leurs rangs, se tenantaltentifs ä ses ordres. Apres le repas,Cyrus manda ses officiers de cavalerieet d’infanlerie , les conducteurs deschars,et leschefs qui avaidnt l’inspec-tion des machines, des betes de sommeet des chariots de bagage. Comme ilsElaient rassembles, les cavaliers en-voyes pour ballre la Campagne revin-rent avec des prisonniers, qui avouerentä Cyrus qu’ils elaient de 1'armee enne-mie; qu’ils üvaient passe au-delä desgardes avancees, pour ramasser du boiset du fourrage; que le grand nombredes troupes avait introduit la disettedans le camp. « A quelle distance, leurdit le prince, est actuellement votre ar-mee?— A la distance d’environ deuxparasanges. — Parlait-on un peu denous? — Ässurement, beaucoup; ondisait que deja vous etiez fort pres. —Et s’en rejouissait-on? » 11 faisail cetlequestion ä cause de eeux qui l’ecou-taient. « Non, par Jupiter! loin de s’enrejouir, ils sont fort affiiges. — Pre-sentement que font-ils? — Ils rangentleurs troupes en bataille; hier et avant-hier, ils n’önt pas fait autre chose. —Et qüi donneles ordres'? — Cresuslui-möme, aide d’un Grec, et d’un Müdequ’on dit iransfuge de votre armee. —Crand Jupiter! puisse-je, comme je ledesire, volr cet homme enlre mesmains! »

Apres ce discoürs, il fait retirer les

prisonniers; et, comme il se retournaitpour parier aux officiers qui l’environ-naient, arrive un nouvel envoyü de lapari du commandant des coureurs, quilui dit qu’on apercevait dans la plaineün gros corps de cavalerie : « Nous con-jedturons, ajoula-t-il, qu’il vient pourreconnaitre l’artfiöe; car il est precedöd’une ceniaine de cavaliers qui se por-lent en diligence de notre cöte, peut-6tre ä de&sein de nous enlever notreposte, oü il n’y a que dix hommes.»Cyrus aussitöt ordonna ä quelques-unsdes cavaliers qu’il avait toujours sous lamain , d’aller s’embusquer aupres dece poste, sans y faire aucun mouve-ment ,et sans ötre vusde 1’ennemi .« Dösque les dix hommes qui l’occupent pournous, ajouta-t-il, l’auronl abandonne,montrez-vous tout ä coup, et chargezceux qui s’en seront emparös. Que legrand escadron qui est dans la plainene vous inquiete pas. Toi, Hystaspe,marche ä sa rencontre avec mille che-vaux; mais prends garde de t’engagerdans des lieux que tu ne connais pas;contente-toi de proteger nos postes, etrcviens. Si quelques ennemis accourentvers toi en levant la main droite, ac-cueille-les avec amitie. »

Hystaspe alla prendre ses armes: lescavaliers pärlirent suivant l’ordre deCyrus. Ilsn’avaient pas encore atteintles postes occupes par les coureurs,lürsqu’ils rencontrerent Araspe et sasuite, cet Araspe envoye ä la decouvertedes projets ennemis, ce gardien de labelle Susienne. D’aussi loin que Cyrusl’apei'cut, il seleva de son siege, courutau-devanl de lüi, et lui lendil la main.Ceux qui se trouverent prtesens, ne sa-chanl rien, comme celädevait ötre, deleur secrele intelligence, furent etonnösde cet accueil, jusqu’au moment oüCyrus leur tint ce discoure :

« Mes amis, leur dit-il, vous voyw