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Tome premier.
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LA CYROPfiDIE. — LIV. VII.

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fuyant, d’autres en se defendant avectout ce qui leur tombe sous la main.Cyrus avait employe dans les diflerensquartiere des troupes de cavalerie, avecrndre d’egorger tous les Babyloniensqui seraient rencontres hors des mai-sons, et de faire publier, par des gensqui sussent le Syrien, que ceux quietaient dans leurs maisons y restassent,que ceux qui en sortiraient seraient pu-nis de mort : ces ordres s’execulaienl.

Lorsque Gadatas et Gobryas eurentrejoint les gros de l’armee, leur pre-mier soin fut de remercier les dieux,pour la vengeance qu’ils venaient detirer d’un prince impie. Ils se rendirentensuite aupres de Cyrus, dont ils bai-saient les mainset les pieds, en versantdes Iarmes de contentement et de joie.Le jour venu, les garnisons, instruiteset de la prise de la ville, et de la mortdu roi, livrerenl les forteresses. Cyruss’en saisit, et y etablit des troupes avecdes chefs pour les Commander. 11 permitaux parens de ceux qui avaient ete tues,d’enterrer les corps; puis il fit publier,par des herauts, un ordre general auxBabyloniens d’apporler leurs armes ;ceux qui en conserveraient chez euxseraient punis de mort. Les Babyloniensobeirent. Cyrus fit deposer ces armesdans les forteresses, pour les y trouverpretes au besoin. Ces mesures prises ,il manda les mages : comnie la villeavait ete emportee l’epee ä la main, illeur recommanda de reserver pour lesdieux les premices du butin et les terresconsacrees. Il donna les maisons desparticuliers et les palais des grands äceux qu’il jugeait avoir le plus conlri-bue au succes de son entreprise; dis-tribuant les meilleurs lots aux plusbraves, ainsi qu’il avait 6te decide, etinvitant ceux qui se croiraient leses äse plaindre. Enfin, il enjoignit, d’unepart, aux Babyloniens de cultiver leurs

champs, de payer les tributs, et de ser-vir les maitres qu’il leur donnait; del’autre,.il accordait aux Perses, ä ceuxqui participaient ä leurs prerogatives,et ä tous les allies qui se decidaient ärester avec lui, un empire absolu surles prisonniers qui leur etaient echus.

Toutes choses ainsi reglees, Cyrus,qui desirait d’etre traite avec les egardsqu’il croyail dus ä un roi, resolut d’a-mener ses amis äluien faire eux-memesla proposilion; afin qu’on füt moinsblesse de le voir raremenl en public, etdans un appareil imposant. Voici laconduite qu’il tint. Un jour, au lever dusoleil, il se plaga dans un lieu qu’il ju-gea propre ä son dessein : lä, il ecoutaittous ceux qui se presentaient pour luiparier, leur repondait et les renvoyait.Quand on sut qu’il donnait audience ,on accourut en foule. On se poussait,on se disputait, on cherchait tous lesmoyens d’arriver jusqu’ä lui; les gardesfaisaient de leur mieux pour faciliterl’acces aux personnes dignes de quelqueconsideration. Si des amis de Cyrus,apres avoir perce la presse, s’oflraientä lui, il leur presentait la main, les at-tirait ä lui, en leur disant: « Altendez,mes amis, que nous ayons expcdie toutce peuple; nous nous verrons ensuite äloisir. » Ses amis atlendaient; mais lafoule grossissant toujours, la nuit sur-vint avant qu’il eüt le loisir de leur par-ier. « Mes amis, leur dit-il alors, il esttemps de se retirer; revenez demainmatin ; je veux avoir un entretien avecvous. » Ils avaient long-temps souffertla privation des choses neeessaires; ilsse retirerent bien volontiere. Chacunalla se reposer.

Le lendemain, Cyrus se rendit aumeme lieu : il trouva une multiludeencore plus nombreuse de gens qu:voulaient l’approcher; ils etaient ar-rives long-temps avant ses amis, Mais