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Tome cinqième.
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rabaisse les h£ros ä la mesure possiblede perfection que le coeur humain com-porte. Je cherche ä demöler, dans lesdv^nemens, l’influenee que le hasard apu avoir sur eux, les ressorts et quel-quefois les fds imperceptibles qui enont dtd les causes. Ainsi, je n’ai pointune vendration enthousiaste pour legouvernement de l’ancienne Rome . Jene pretends pas qu’il ait etd parfait. IIne l’etait point puisqu’il a eu ses secous-ses, sa decadence et sa fin. II ne pou-vait pas l’6tre, puisqu’il etait l’ouvragedes hommes. Mais si ce gouvernerhentimprima pendant cinq Cents ans un ca-ractbre de vigueur et de majestd aupeuple qui vdcut sous lui; s’il y fit ger-mer plus de citoyens et de hdros quelereste de la terre n’en a portd depuis;si mßme, dans le temps de sa corrup-tion, les viees de ce peuple eurentqnelquefois unegrandeur et urie Ener-gie qui forcental’etonnement etäl’ad-miration; si ce peuple, enfin, devint lemaitre du monde, je dois alors attri-buer des effets si grands, si soutenus,ä des causes puissantes et constantes.Je puis, sans me tromper, assurerque ce gouvernement etait plus vigou-reux ; que sa politique 6tait plus vaste,plus profonde que celle de tous les dtatsqui s’offrentä moi.

J’admire done la politique des Ro-mains dans leurs beaux jours, lorsqueje la vois fondde sur un plan fixe; lors-que ce plan a pour base le patriotismeet la vertu; lorsque je vois Rome nais-sante, cölonie faible et sans appui, de-venir rapidement une ville; s’agrandirsans cesse, vaincre tous ses voisins quiEtaient ses ennemis, s’en faire des ci-toyens ou des alltes, se fortifier ainsien s’etendant, comme un fleuve segrossit par les eaux qu’il regoit dansson cours. J’admire cette politique,quand je vois Rome n’avoir jamais

qu’une guerreä la fois, ne jamais poserles armes que l’honneur du nom ro-main ne soit satisfait, ne pas s’aveuglerpar ses succes, ne pas se laisserabattrepar les revers, devenir la proie desGaulois et des flammes, et renaitre deses cendres. J’admire Rome , enfin,quand j’examine sa Constitution mili-taire liee a sa Constitution politique;les lois de sa milice; l’education de sajeunesse; ses grands hommes passantindifferemment par toutes les chargesde l’etat, parce qu’ils etaient propres äles remplir toutes; ses citoyens fiers dunom de leurpatrie, et se croyantsupe-rieurs aux rois qu’ils etaient accoutu-mds ä vaincre. Je dis que peut-ötre il ya eu, dans quelque coin de l’univers,une nation obscure et paisible, dontles membres ont ete plus heureux;mais que certainement jamais peuplen’a eu autant de grandeur, autant deglolre, n’en a autant meritd par soncourage et par ses vertus.

Maintenant quel tableau offre, e*Opposition, l’Europe politique, au plii-losophe qui la contemple? Des admi-nistrations tyranniques, ignorantes oufaibles; les forces desnations dtouffeessous leurs vices; les interöts particu-liers prevalant sur le bien public; lesmceurs, ce Supplement des lois, sou-vent plusefiicaces qu’elles, negligeesoucorrompues; l’oppression des peuplesreduiteen systöme; les ddpenses desadministrations plus fortes que leursrecettes; les impöts au-dessus des fa-eultesdes contribuables; la populalioneparse et clair-semee; les arts du pre-mjer besoin negligös pour les arts fri-voles ; le luxe minant sourdement tousles Etats; les gouvernemens, enfin, in-differens au sort des peuples, et lespeuples, par reprdsailles, indiflerensaux succes des gouvernemens.

Fatigu6 de tant de maux, si le phi-