SCIENCE MIMTAIRE.
losophe trouve ä reposer sa vue siurdes objets plus consolans, c’est srarquelques petits 6tats qui ne sont qiuedes points en Europe ; c’est sur quel-ques v6rites morales et politiques qui,filtrant lentement ä travers les erreurs,se developperont peu ä peu, parvien-dront peut-ßtre un jour aux liommesprincipaux des nations, s’assi6ront surles trönes et rendront la postörite plusheureuse.
Tel est particulibrement l’etat demalaise et d’anxidtö des peuples, sousla plupart des gouvernemens, qu’ils yvlvent avec degoüt et machinalement,et que s’ils avaient la force de briserles licns qui les attachent, ils se don-neraient d’autres lois et d’autres admi-nistrateurs. On verrait alors la moitiede l’AUemagne chasser les petits prin-ces sous lesquels eile g6mit; la Castille,l’Arragon, l’Irlande rappelerleurs rois;laToscane, ses ducs(l); la Flandre ,ses comtes ; tant d’autres 6tats, leursanclens souveralns, qui vivaient aumilieu d'eux saus luxe et du revenu deleurs domaines. Ön verrait presquetoutes les provinces se s6parer de leurmötropole; presque tous les gouverne-mens se dissoudre ou changer deforme. Mais que dis-je? Telle est enm6me temps la faiblesse des peuplesque, möcontens, ils murmurentet res-tent dans la m6me Situation. Ils y sontenchain^s par l’habitude et par lesviccs.
Cette fermentation impuissante estune des plus grandes preuves de lamauvaise Constitution de nos gou-vernemens. Car , d’une part, les
(1) Depuis que ceci est Äcrit, eile les a re-trouvds dans le jeune souverain qui regne sureile . II est occup£ de la viviüer, de la rendreheureuse. hqisissous foccation douce et rarede rendre hoipmaga a up.prince qui sent le prixdu bonheur et de l’amour des hommes.
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peuples souffrent et se plaignent, del’autre, ils ont perdu toute espbce deressort. Chacun vit pour soi, cherchantä se mettre ä couvert des maux publics,ä en profiter, ou ä s’6tourdir sur eux.Au milieu de cette faiblesse generale,les gouvernemens, faibles eux-mfimes,mais par lä feeonds en petits moyens,6tendent leur autorit6 et l’appesantis-sent. Ils semblent ötre en guerre se-cr&te avec leurs sujets. Ils en corrom-pent une partie pour dominer l'autre.Ils craignent que les lumifcres ne s’6-tendent, parce qu’ils savent qu’elles(üclairent les peuples sur leurs droits etsur les faules de ceux qui lesgouvernentils fomentent le luxe parce qu’ils saventque le luxe enerve les courages. Commeils ont dans leurs mains presque tout l’ordes Etats, ils font de l’or le grand ressortdel'administration; ilsen fontle moyende la consideration et de l’avancementdes particuliers, la solde du vice qu’ilaugmente, la rfeompense de la vertuqu’il avilit, l’objet de la cupiditö detous les citoyens. Ils repompent en-suite, par des op^rations fiscales, cetor que leur prodigalitö a repandu: cir-culation funeste et dont l’effet est deruiner une partie des nations, pour en-chainer l’autre. C’est enfin cet art mal-heureux de diviser, d’affaiblir, de d6-grader, pour mieux dominer, d’op-primer sans revolter, qu’on appelleScience de gouvernement dans la plupartdes cours.
Le philosophe sera-t-il plus satisfaitquand il jettera les yeux sur l’Europe militaire? II y verra toutes les constitu-tions servilement calquees les unes surles autres; les peuples du Midi ayant lam6mie discipline que ceux du Nord; leg^nie; des nations en contradiction avecles loiis de leur milice; la profession desoldatt abandonnde ä la classe la plusvile est la plus miserable des citoyens;